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Situation des journalistes congolais pendant les échauffourées du 19 au 20 septembre à Kinshasa

Par Munor Kabondo

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a été au centre des échauffourées qui ont éclaté lundi 19 et mardi 20 septembre 2016, entre des services de l’ordre et des militants de l’opposition qui  manifestaient pour exiger la convocation du scrutin présidentiel d’ici fin 2016 comme l’exige la Constitution de la RDC.

 

1Image prise lundi 19 septembre 2016 par l’étudiant membre des Clubs JDH/RDC, Jean Shotsha sur le site du campus de l’université de Kinshasa

 

Les médias dans le collimateur

Les médias n’ont pas été épargnés par les abus enregistrés au cours des actes violences qui ont sanctionné ces manifestations dans la capitale congolaise. Des journalistes et professionnels des médias ont été victimes des actes de vandalisme de la part des hommes en uniforme alors qu’ils étaient à la recherche de l’information.

L’Organisation locale, Journalistes en Danger (JED) qui a pour tâche, la défense des droits des journalistes en RDC, a estimé à près d’une dizaine, le nombre des journalistes et opérateurs des médias qui ont été malmenés, attaqués ou interpellés par les services de l’ordre à Kinshasa.

Les agents de l’ordre parmi lesquels, les policiers chargés de protéger les manifestants et les agents de service des renseignements, figurent parmi les présumés auteurs de ces actes contre les hommes des médias qui sont décriés par le Club national des Journalistes pour les Droits Humains en RDC (CNJDH). « Les médias congolais font fasse à plusieurs obstacles pour répondre favorablement à leur devoir qui est d’informer le public surtout en cette période électorale, moment crucial de l’histoire politique de notre pays. La présence du journaliste sur le lieu de  manifestations politiques commence à déranger beaucoup surtout lorsque celui-ci est identifié comme appartenant au camp adverse », a expliqué Mayus Mayonde, vice-président du comité provisoire du CNJDH et journaliste au journal « La nouvelle République » tout en saluant les efforts fournis par les journalistes du Club CNDH à bien faire leur travail pendant cette période. « En dépit de tous ce que nous déplorons, nous devons aussi saluer la bravoure de beaucoup d’entre les journalistes de notre pays, en particulier, ceux appartenant à notre club national des journalistes des droits humains, de la responsabilité dont, ils ont fait preuve dans le traitement des informations pendant cette période. Lisez leurs articles en ce moment vous allez vous rendre compte que la responsabilité est entrain de reprendre sa place », a-t-il dit.

Des victimes dans la presse

Parmi les victimes des ces violences, on dénombre quelques journalistes et hommes des médias selon l’organisation Journalistes en Danger (JED), une organisation de défense des droits de journaliste en RDC. Sur sa liste publiée le 22 septembre figurent des journalistes des médias nationaux et étrangers des filières presse écrite, audio-visuelle et médias en ligne.

Un des journalistes victimes de ces atrocités contacté par le bureau de JDH/RDC a exprimé son indignation. « Je suis profondément déçu de la manière dont, j’ai été traité de la part de ceux qui sont censés protéger la population y compris les journalistes dans des moments pareils ».

Travaillant pour le compte du journal « La Prospérité » paraissant à Kinshasa, il a été interpellé lorsqu’il cherchait à échapper à quelques policiers anti-émeute qui dispersaient les manifestants vers le rond-point des Huileries. Ces hommes en uniforme lui ont infligé des coups des matraques à la tête puis le projeté par terre malgré sa présentation comme étant journaliste. Malheureusement pour le jeune journaliste, s’en est sorti avec des chocs graves à son bras gauche. « Je n’avais que mes téléphones et mes mains pour exercer mon travail et ma carte de presse exhibée n’avait aucune valeur à leurs yeux », a-t-il déploré.

 

2Journaliste reporter au quotidien « La Prospérité » paraissant à Kinshasa, Kevin Inana quelques heures après avoir été malmené par des agents de l’ordre le 19 septembre au rond-point Huilerie à Kinshasa. Ph. JDH/RDC.

 

Une autre arrestation a été signalée le même jour sur le lieu de manifestation. Il s’agit de celle de Dosta Lutula, journaliste à Canal Congo Télévision (CCTV), une chaîne de télévision de l’opposition émettant à Kinshasa. Il a été arrêté par des agents de l’ordre non autrement identifiés pendant qu’il était en train de couvrir la manifestation de l’Opposition. Selon JED, transporté à bord d’une jeep de la police, « le journaliste a été conduit au camp militaire Tshatshi où il a été copieusement tabassé avant d’être transféré vers 1 heure du matin au camp Kokolo où il sera également molesté et déshabillé ». C’est au lendemain vers 18 heures que le journaliste sera libéré. Son matériel de travail a été confisqué par ses bourreaux.

Sur la liste publiée au lendemain de ces manifestations, se trouve aussi un groupe de 4 journalistes des médias internationaux qui ont été interpellés dans la matinée du lundi 19 septembre 2016 sur le lieu des manifestations par la police Militaires (PM). Ces journalistes ont été gardés pendant plusieurs heures au camp militaire Kokolo. Il s’agit de Dady Songhozo et John Kinkendu, journalistes à TV 5, Sonia Rolley, envoyée spéciale permanente de Radio France Internationale (RFI) en RDC et  Edouardo Soteras, journaliste-photographe de l’Agence France Presse (AFP),

A leur tour, « ils ont été malmenés et conduits au camp Kokolo où ils ont été gardés pendant plusieurs heures et dépouillés de tous leurs biens dont du matériel de travail, de l’argent et des téléphones ».

 

3Image montrant quelques étudiants en débandade prise à l’aide de son téléphone portable par l’étudiant Jean Shotsha, membre des Clubs JDH/RDC à l’université de Kinshasa mardi le 20 septembre 2016 à Kinshasa.

 

Le CNDH qui a pour mission, la promotion des Droits humains à travers les contenus et les supports médiatiques en RDC a été crée au mois de juillet 2016 par les journalistes qui ont pris part au forum national sur le contenu médiatique en période électorale en RDC organisé entre février et mars 2016 par l’organisation Journalistes pour les Droits Humains (JDH) en collaboration avec l’ambassade du Canada en RDC.

 

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