Speak Magazine

Kinshasa

Les conducteurs des taxis victimes des arrestations illégales par les PCR

image3-28-1Difficile pour les conducteurs des véhicules de transport en commun d’échapper aux tracasseries des policiers routières à Kinshasa. Ph. Marc Kikela Mumba.

 

Par Marc Kikela Mumba

Les tracasseries routières augmentent de plus en plus à l’approche des festivités de fin d’année à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).

Plusieurs services sont à la base de ces tracasseries qui rend difficile la circulation sur les artères de Kinshasa. Des agents de la Police de circulation routière (PCR), quelques éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et certains agents de sécurité appelés « Bureau 2 », sont cités parmi ceux qui tracassent les conducteurs sur les routes de Kinshasa.

Une fois tombés entre les mains de cette catégorie de service de l’Etat, on ne s’en sort pas sans débourser quelques billets d’argents. « Chaque conducteur interpellés doit glisser quelques billets des Francs congolais. La somme d’argent exigée dépend toujours de l’humeur de l’agent de l’ordre qui vous arrête. Il y en a qui exigent jusqu’à plus de 5000 FC équivalant à 5,5 USD pour une infraction souvent imaginaire et inventée par l’agent de l’ordre. Tout conducteur arrêté qui n’obtempère pas à la demande de ce dernier court le risque d’être arrêté », a expliqué Chamard Maliki, conducteur de taxi sur la ligne Ngaliema-Gombe. « Trop c’est trop, Je viens à peine de commencer la course et on m’exige de l’argent. Où est-ce que je vais en trouver », s’est indigné  Marc Kasiama, conducteur de taxi-bus sur la ligne Rond-point Ngaba-Zando interpellé par deux agents de PCR.  

Au Rond-point Victoire, dans la commune de Kalamu en plein cœur de Kinshasa, un policier en tenue civile se dissimule derrière les passagers et n’attendait que le receveur (convoyeur) ouvre la portière pour prendre place à bord. Le conducteur, l’ayant reconnu, a décidé de l’échapper en démarrant son moteur avec quelques passagers dans le véhicule. Pendant qu’il voulait s’engager sur la route, un groupe des policiers en uniforme a réussi à foncer des clous placés sur une planche dans un des pneus. Le conducteur sera ainsi arrêté pour mauvais stationnement selon ses prédateurs.

Pendant ce temps, les Kinois vaguaient chacun calmement à ses préoccupations sans intervenir. « On est habitué à ces genres des spectacles. Il faut jamais s’attendre d’avoir une police qui joue bien son rôle lorsqu’elle ne va pas bien », s’est exprimé un passant témoin de l’évènement à Victoire.

Vers l’Ouest de la capitale, au rond-point Pompage, les policiers de circulation routière n’hésitent pas eux, à se disputer parfois le volant avec le conducteur. La démarche de ces agents de l’ordre public vise à ravir la clé de contact au conducteur sans motif valable jusqu’à ce que celui-ci débourse quelques sommes des billets de francs congolais.

Les sorts des conducteurs des taxi-bus

Cette forme de tracasseries de la part des agents chargés de maintenir l’ordre et la bonne circulation routière se passe aux yeux et au su de tout le monde. « Cela entame même l’image du pays parce que ces policiers ne s’attaquent pas seulement aux congolais mais aussi aux étrangers qui empruntent les voies de Kinshasa », a expliqué Marcange Kasiama, usagère de la route. A cause de la tracasserie routière, un chauffeur de la ville de Lubumbashi s’était immolé en s’accrochant à un policier cherchant ainsi se venger contre cet agent de l’ordre. Malheureusement pour lui, le conducteur est décédé quelques jours après cet acte.

L’état face  à ses responsabilités

Après cette nouvelle, à Kinshasa, les responsables de la police routière ont décidé de limoger deux policiers de circulation routière en octobre auteurs de la tracasserie. La décision de PCK/Kinshasa n’a pas changé beaucoup de choses sur les routes de Kinshasa car, la tracasserie a pris des allures inquiétantes.  

Face à cette situation, plusieurs ONGs des droits des humains proposent à l’Etat d’améliorer le salaire des agents de l’ordre. Justin Selemani, un cadre de l’ONG Asadho a plaidé pour la vulgarisation du code de la route auprès des conducteurs et une sensibilisation à l’endroit des policiers sur la mission première d’un agent de l’ordre.

 

 

Tagged , , , , , , , , ,

Related Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>