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Kinshasa

Les marchés de Kinshasa, un danger sanitaire pour la population

image1-15L’insalubrité dans les marchés de Kinshasa se porte bien. Ph. Nana Sharumba

 

Par Nana sharumba

Les marchés de la ville province de Kinshasa sont pour la plupart gardés dans un environnement malsain. Cette situation de mal propreté qui caractérise les différents centres d’activités commerciales de la capitale congolaise expose les Kinois à plusieurs cas de maladies.  

Au marché central de Kinshasa, et dans les marchés communaux, les produits alimentaires mis en vente sont étalés à même le sol sous l’œil impuissant des acheteurs et responsables des services d’hygiène.

Au marché de la commune de Ngaba, non loin du Rond point Ngaba, les notions d’hygiènes sont loin d’être respectées par les vendeurs. Ici, les légumes et autres denrées alimentaires sont, à longueur des journées, exposés sous le soleil. Les pavillons réservés pour les produits vivriers sont à la merci des mouches et autres insectes nuisibles à la santé. Les viandes de porc, de vache et des chinchards sont étalés à l’air libre dans un environnement non propre. Lorsqu’on se rend vers se marché, on est frappé par les tas d’immondices qui trainent à l’intérieur du marché et à ses alentours.

Difficilement évacuées, ses immondices sont quotidiennement abandonnées jusqu’à ce qu’elles grandissent comme des montagnes et polluent l’air avec des odeurs nauséabondes. En plus des ordures, ce marché, comme beaucoup d’autres dans la ville, est dépourvu d’une canalisation d’eau capable d’évacuer les eaux insalubres qui trainent dans ce lieu. Des eaux stagnantes et puantes sont observées partout. « Certes l‘environnement est malsain mais, les microbes sont tué lors ces aliments seront mis au feu », a expliqué une cliente s’approvisionnant de la viande de porc au marché Matete.

Les vendeurs pollueurs

Dans ce marché, on déplore le comportement de certains vendeurs qui n’hésitent pas de se soulager dans des endroits inappropriés à coté des immondices. Cette attitude renforce de plus en plus l’état d’insalubrité dans lequel est plongé ce marché. « Le marché est un milieu de vie des vendeuses qui doit être gardé propre. Malheureusement, ce sont d’abord les vendeurs qui polluent le marché tout en oubliant qu’ils sont les premières victimes des maladies causées par cette insalubrité », a expliqué un agent de service d’hygiène au marché Ngaba.

Les vendeurs et vendeuses se comportent ainsi, alors que le marché a un bloc d’installation sanitaire où on y accède moyennant 100 francs congolais. Pour certains vendeurs, c’est pour éviter de verser cette somme insignifiante que quelques uns d’entre eux, préfèrent le faire autour des immondices. « Je n’ai pas vendu depuis le matin, comment payerai-je l’accès aux installations? », s’est interrogé un vendeur.

Face à cette situation d’insalubrité signalée dans les marchés de Kinshasa, les responsables de ces centres d’activités commerciaux sont les premiers à être pointés du doigt. Selon les vendeurs, il existe dans chaque marché, des taxes exigées aux vendeuses et vendeurs parmi lesquelles, celle de l’entretien du marché. « La salubrité du marché ne me concerne plus à partir du moment où j’ai payé mon argent pour cette cause », s’est justifié un vendeur du marché Somba Zigida. Sans préciser le montant que le marché enregistre pour l’entretien du marché, Innocent Lutumba, un des percepteurs du marché Zigida a reconnu que chaque jour, le marché compte des nouveaux vendeurs.

Au marché de la Liberté à Masina, il est demandé aux vendeurs de nettoyer les espaces de vente chaque jour. Appelé « Salongo » en lingala, cette activité en faveur de la salubrité est réalisée chaque matin avant d’exposer la marchandise. « Tout celui qui n’obtempère pas est sanctionné par le paiement d’une amande de 300Francs congolais », a dit Daniel Mulumba, l’un des responsables du marché de liberté.

Frappé par cette triste réalité dans les marché de Kinshasa, le docteur Blanchard Nakweti de la Clinique de l’Université du Cepromad a énuméré quelques conséquences de cette situation sur la santé humaine. « Un environnement malsain peut causer de la méningite, la typhoïde, l’hypotension artériel, parasitose, la malaria, etc ».

En ce qui concerne les aliments exposés à même le sol, le médecin explique qu’il faut laver les aliments au moins 5 à 6 fois avant de les cuire pour détruire les microbes. Parlant des lois qui protègent la population contre l’insécurité alimentaire, Me Tim Iyambu Ra Nomapungu mwa Ntipome, avocat au Barreau près la Cour d’Appel de  Kinshasa/Matete et spécialiste en droit de l’environnement, a fait savoir qu’il existe en RDC plusieurs textes des lois qui régissent le domaine de l’hygiène et la salubrité publique.

Pour lui, les auteurs de cette insalubrité pèchent contre la loi portant application des mesures d’assainissement du milieu et de protection de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa du 18 avril 1998. Cette disposition légale interdit dans son article 3 la vente publique des produits alimentaires par terre, oblige aux vendeurs de couvrir les produits alimentaires exposés sur les étalages aux marchés de manière à éviter la contamination et la propagation des microbes.

 

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