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Bukavu

Le kidnapping, une nouvelle forme de criminalité à Bukavu

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Quelques agents de la police encadrant une manifestation de colère à Bukavu le 31 décembre 2014. Ph. Prince Murhula

 

Par Alliance Mihigo

En quatre mois, six personnes ont été kidnappées à Bukavu. Pour libérer les victimes, les bourreaux exigent une rançon sous peine de les tuer. Une situation qui plonge la population de cette contrée de la partie l’Est de la RDC dans l’angoisse totale. 

Au mois d’octobre 2014, Ange Namwira, 17 ans, a été kidnappée de chez elle au quartier Nguba dans la commune d’Ibanda. Pour la laisser libre, les kidnappeurs ont exigé à la famille de la victime une somme de 30 000 dollars américains. « Nous n’avons pas trouvé cet argent, c’est pourquoi notre fille a été tuée », a affirmé un membre de sa famille. « Informée de cette situation, la police à arrêté des présumés auteurs de crime. Malheureusement, aucun d’entre n’a jamais été jugé », a-t-elle déploré.

Au quartier Kasali dans la commune de Kadutu, un garçon de 16 ans a été enlevé au mois de novembre. Selon sa famille, l’adolescent n’est jamais revenu alors qu’il était sorti de la maison pour fermer le portail vers 21 heures. « Ces bandit n’ont cessé de nous contacter au téléphone en nous exigeant de verser 10 000 dollars américains en échange de notre fils », explique un membre de sa famille. Heureusement pour cette famille, le jeune garçon a été libéré de ses ravisseurs par les agents de la police. « On était sur le point de donner l’argent à ses ravisseurs lorsque notre frère a été récupérée par la police », précise-t-il.

Sécurité perturbée

Entre octobre et décembre 2014, six cas d’enlèvements de personnes ont été enregistrés dans la ville de Bukavu selon des sources policières. Selon Pablo Muke, membre de la société civile, cette  situation a créée de la psychose au sein des habitants de Bukavu. « Comment expliquer que dans une ville on kidnappe des gens, certains sont tués et que les auteurs ne soient jamais appréhendés? Les gens n’arrêtent de se demander à qui sera le prochain tour » s’interroge-t-il.

Au delà de la ville de Bukavu, cette forme de criminalité se propage aussi dans certains territoires de la province du Sud Kivu. C’est le cas du territoire de Kabare où deux personnes ont été enlevées et de Mwenga où une personne a été enlevée en novembre 2014.

Du côté de la police, on reconnait cette situation. « Sur les six personnes kidnappées depuis octobre, deux ont été abattues par leurs bourreaux », renseigne Floribert Fwakiadi, chef adjoint du département des renseignements à la Police nationale congolaise du Sud-Kivu. Il regrette par ailleurs que les victimes ne portent pas plainte et se limitent aux déclarations dans des medias. « Sur les six cas signalés nous n’avons enregistré qu’une seule plainte. Pourtant cela pourrait nous aider à retrouver les criminels », dit-il.

Pour mettre fin à ce fléau, cet agent de service de renseignement a plaidé pour la mise en place des stratégies appropriées et d’une campagne de sensibilisation pour amener la population à signaler à temps tous les cas d’enlèvement.

Du côté des défenseurs des droits humains, on invite la police à actionner des stratégies de protection des populations. « Il faut que la police se saisisse d’office de ces cas au lieu de toujours attendre que les victimes portent plainte », estime Pablo Muke, activiste des droits de l’homme. Pour bien faire face à cette situation, Pablo Muke préconise que la police locale soit dotée des moyens conséquents. « Il faut que la police parvienne à identifier ce réseau de criminels, le démanteler et arrêter toutes les personnes impliquées de près ou de loin et les déférer devant la justice… Il lui faut des moyens pour mener des enquêtes sérieuses », ajoute-t-il.

Selon l’article 16 de la constitution de la République Démocratique du Congo « la personne humaine est sacrée. L’Etat  a l’obligation de la protéger et de la respecter… ».

 

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