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Kinshasa

De plus en plus de cas d’avortements parmi les jeunes à Kinshasa

 

 

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Elles ne sont plus nombreuses, les filles enceintes qui acceptent de mettre au monde un nouveau né. Ph. Marc Kikela Mumba

 

Par Raïssa Tshiskandama

Depuis un temps, l’avortement est devenu un phénomène fréquent dans la ville de Kinshasa. Commis plus par la jeunesse kinoise, cette pratique réprimandée par la loi et la société congolaise ne semble plus inquiétés les auteurs de ces crimes. Surtout dans les quartiers périphériques de Kinshasa, où sont observés plusieurs cas d’avortement. 

Au quartier Kalunga, situé dans la commune de Selembao, des habitants témoignent que garder ou interrompre une grossesse dépend de la volonté de la porteuse. Malheureusement, dans cette partie de la capitale congolaise, le nombre des filles mères accroissement presque de la même vitesse que les cas d’avortement.

A Kalunga, beaucoup de jeunes filles ont embrassé la vie sexuelle avant l’âge. Une fois tombée enceinte, elle cherche partout des moyens pour se débarrasser de la grossesse. D’où le nombre inquiétant de cas d’avortement dans cette contrée de Selembao. Selon le chef de ce quartier, Valentin Mwimba, il ne passe pas deux semaines qu’on enregistre un cas d’avortement.

Cette situation, qui prend de l’ampleur dans plusieurs quartiers de Kinshasa, arrive pour diverses raisons. Contactées, quelques filles de Kalunga ont indiqué que le manque des moyens financiers, et l’isolement social poussent les porteuses de la grossesse à y mettre fin.

Les mineures aussi

Doudou, âgée de 19 ans a témoigné avoir été contrainte de passer à l’avortement contre son gré. « J’avais peur de le faire, surtout qu’on apprend que beaucoup ont perdu leur vie à cause de l’avortement, mais j’avais plus peur de la colère de mon père qui ne pouvait pas supporter me voir enceinte de manière précoce », a-t-elle dit. Elève en 5ème des humanités pédagogiques, elle a affirmé qu’ensemble avec l’auteur de la grossesse, ils se sont investis pour que la vérité ne soit pas connue de leur entourage. Ils se sont parvenu après avoir contacté un pharmacien qui les a procurés en médicaments moyennant quelques billets. « On n’avait pas de choix, car cette grossesse inattendue allait ternir mon image et bafouer mes études », a ajouté Doudou tout en reconnaissant avoir mettre fin volontairement à la vie d’un être humain.

Selon le docteur Job Mbundu, médecin généraliste dans un centre de santé à Selembao, il existe plusieurs conséquences après un avortement. Il y a des conséquences immédiates comme l’hémorragie sévère, la perforation utérine, la déchirure du col utérin et même la mort subite. A cela s’ajoutent les conséquences qui peuvent subvenir quelques temps après. Il s’agit de l’hémorragie modérée, de l’infection ultra-ovulaire, de la béance du col utérin et la « septicémie ».

L’avortement peut aussi avoir des conséquences lointaines. Il s’agit de la perturbation de la période de menstruation, la rupture utérine, « l’iso-immunisation ». « En outre, il y a aussi un sentiment de culpabilité de la part de la personne qui subie l’avortement. Dans ce cas, elle reste avec une conscience troublée simplement parce que tout le monde sait l’avortement n’est pas une bonne chose », a souligné le médecin.

Acte punissable

De son coté, Me Yannick Kasanda, juriste de profession, a déploré les actes d’avortement signalés à Kinshasa. Selon lui, ces actes sont des cas avérés des violations des droits et il existe des sanctions prévues par la loi congolaise. « Il s’agit de droit à la vie qui est bafoué ainsi que le droit de la femme et l’intégralité de son corps. L’avortement constitue une infraction contre l’ordre de famille ». Selon cet homme des droits, l’avortement est punissable conformément aux articles 165 et 166 du code pénal Livre 2, et l’article 16 alinéa 1 de la Constitution du 18 février 2006 qui stipule que « La vie humaine est sacrée et l’Etat a l’obligation de la protégé ». « L’avortement vaut une peine à perpétuité, plus de dix ans de prison parce que l’avortement équivaut à un meurtre », a expliqué Me Yannick Kasanda.

« Tout enfant a droit à la vie », lit-on dans l’article 13 de la loi portant protection de l’enfant en RDC. « Le père et la mère, ou l’un d’eux, ou la personne exerçant l’autorité parentale, ainsi que l’Etat, ont l’obligation d’assurer sa survie, son éducation, sa protection et son épanouissement. Le père et la mère, ou l’un d’eux ainsi que celui qui exerce l’autorité parentale, ont le devoir d’élever leur enfant », poursuit l’article.

Pour Me Kasanda, il serait souhaitable que la loi soit respectée et que les sanctions s’appliquent pour les respects et la prévention de la vie humaine qui est en danger dans ses pratiques d’avortements.

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