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Kinshasa

Les espaces verts en voix de disparition

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Autre fois inhabité, ce quartier de Binza Météo, où est installée la station de Melsat, est envahi aujourd’hui par des construction des Kinois. Ph. Marc Kikela Mumba

 

Par Marc Kikela Mumba

Les espaces verts, avec toutes leurs composantes, sont en voie de disparition dans la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce constat est fait dans plusieurs quartiers de Kinshasa où ces espaces étaient, pour beaucoup, dans la protection de l’environnement et au bien-être de la population.

Binza-Météo, dans la commune de Ngaliema qui était il y a quelques années comparable à une forêt avec une diversification d’espèce d’arbres, fleurs et autres, perd continuellement sa belle image. Des espaces vides dans cette partie Ouest de Kinshasa sont spoliés avec des nouvelles constructions anarchiques. En outre, des arbres sont continuellement abattus, les espaces verts brulés sans que personne ne s’inquiète. Ici, observe de loin un vaste chantier de construction des maisons.

Surpris par cette situation, Jean Kiatiama, agent de la Metelsat a indiqué que la RDC court beaucoup de risques environnementaux à cause de la spoliation des espaces verts à Kinshasa. « La destruction d’arbre détériore aussi la qualité de nos services », a-t-il ajouté. A cause de la surpopulation dans la capitale, des nouveaux cités se sont aussi crées au détriment des espaces verts. « Il n’y a pas une politique de reboisement pour pallier à cette crise », a déploré cet agent de la Metelsat.

Plus loin de là, dans la partie Est de Kinshasa, précisément au quartier 1 dans la commune de N’Djili, le vaste espace verdâtre qu’on pouvait remarquer il y a quelques années n’existe plus. Les eucalyptus et les fleurs qui ornaient ce quartier, jusqu’à attirer beaucoup de curieux parmi les Kinois, sont remplacés progressivement par des quartiers résidentiels. « Ce cadre nous servait de lieu de repos grâce à la fraicheur que dégageaient les eucalyptus, malheureusement aujourd’hui, cela est impossible », a regretté Arlette Matiangu, habitant du quartier.

Le sort  des victimes

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Même le quartier général de la Metelsat est menacé par des nouvelles constructions à Binza-Méteo. Ph. Marc Kikela Mumba

 

Depuis l’époque coloniale, les Belges avaient laissé beaucoup d’espace vert habitable et non habitable (considérer  comme réserve nature, lieu de tourisme et  de repos). Le déboisement de celle-ci fait peur aux experts de  l’environnement et au service de Metelsat. Pour Mardochée Tambu, un environnementaliste, la politique de reboisement en RDC n’existe pas. « De manière isolé, nous avons des jardins de fleurs mais pas pour des nouveaux arbres », a-t-il dit. Au moment où le monde lutte contre le réchauffement climatique, en RDC on décide d’exterminer les arbres. Le gouvernement ainsi que la population devront adopter une politique efficace pour lutter contre ce phénomène pour éviter la détérioration de l’environnement. Selon lui, les arbres produisent de l’oxygène dans la journée qui retient une grande quantité de CO2 dans la nature. Lorsqu’on détruit la flore, on détruit aussi la couche d’ozone qui protège la population contre les rayons solaires. « Cela a pour conséquence sur les humains, les maladies de la peau notamment, les cancers », a-t-il dit.

Pour la cité de Binza, a expliqué l’agent de Metelsat, il est devenu trop tard parce qu’elle a été envahie par des nouvelles constructions qui ne permettra pas la plantation des nouveaux arbres. Selon les sources proches du ministère de l’environnement, il est prévu dans les prochains jours, la destruction des maisons d’habitation construites dans la cité de Binza-Météo. Appuyé financièrement par l’Union européenne, ce projet sera suivi par la plantation des nouveaux arbres.

A ce sujet, le juriste Paul Lunko parle de la non application des traités et accords internationaux par la RDC en ce qui concerne la protection de la nature. « L’Etat Congolais est non seulement signataire de plusieurs traités et accords international garantissant la protection de l’environnement. Le pays dispose même des textes légaux internes qui ne font l’objet jusque-là d’aucune application concrète. Or, les droits sur l’environnement demeurent d’actualité vue son importance dans la vie des humains », a-t-il interpellé.

 

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