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Les droits d’accès aux soins médicaux bafoués dans certains hôpitaux de Kinshasa

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Avec une attitude de méditation, une patiente de l’hôpital général de référence qui ne bénéficiant pas des soins médicaux, réfléchi sur son sort. Ph. Deo Gracias Bokumugala

 

Par Deo Gracias Bokumugala

A l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (HGRK), ex Mama Yemo, plusieurs patients n’ont pas accès aux soins faute des moyens financiers.

Souzi Kanyi, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), est internée à HGRK depuis 7 mois. D’un air triste et plein de désespoir, elle explique : « Je n’ai bénéficié de soins médicaux que pendant les deux premiers mois de mon arrivée à l’hôpital. Depuis que ma famille éprouve des difficultés pour payer les frais de traitement, les médecins ne s’occupent plus de moi ».

A quelques mètres d’elle, une femme âgée de 40 ans révolus, sort de la morgue. Elle vient de déposer la dépouille mortelle de son fils qui vient de rendre l’âme par manque de soins appropriés. Profondément affectée par cette disparition, l’éprouvée n’a pas hésité de maudire le personnel médical de cette grande institution médicale publique de Kinshasa. Selon elle, aucun médecin n’a pris soin de son fils simplement parce qu’elle était dans l’impossibilité d’honorer ses factures. Larmes aux yeux, elle essaie en vain de raconter son cas à tout celui qui veut l’entendre.

Dans ce même hôpital, se trouve un autre pensionnaire qui, comme beaucoup d’autres, ne sait pas à quel saint se vouer pour bénéficier des soins médicaux. Papy Mambu a perdu sa mobilité après un accident de circulation. Il est interné à HGRK depuis 11 mois. Depuis lors, il passe des moments de calvaire. Il doit dépenser, selon lui, environ 15.000 FC (15.5 USD) par jour pour le lit et les médicaments. Selon lui, les médicaments vendus dans la pharmacie de l’hôpital sont deux fois plus couteux que dans les pharmacies de la cité.

Les infirmiers se défendent

Face à cette situation, aucun responsable de HGRK n’a voulu s’exprimer de manière officielle. Par contre, un agent rencontré dans les installations de cet hôpital public a justifié ce comportement décrié dans les milieux hospitaliers par le fait que beaucoup parmi les responsables des hôpitaux, ont été victimes d’escroquerie de la part des patients. « Il y en a qui disparaissent avec l’argent après avoir bénéficié des soins », a-t-il déclaré.

Un phénomène généralisé

Selon quelques infirmiers, plusieurs hôpitaux et centres de santé de Kinshasa font recourt à ces pratiques pour survivre. Aux cliniques universitaires de Kinshasa par exemple, certains patients se plaignent aussi de la même situation. C’est le cas de Joujou Mubenga, dont le mari a été transféré depuis une semaine dans cet hôpital. Elle a affirmé que depuis que son mari était transféré ici, il a bénéficié que des premiers soins, faute des moyens financiers. « J’ai constaté que le corps médical n’intervenait plus avec enthousiasme pour offrir des soins à mon mari parce que nous n’avions pas encore payé la première facture », a-t-elle expliqué. Aux Cliniques universitaires de Kinshasa, la responsable du bureau des infirmiers a manifesté l’intension de réagir sur ce sujet, malheureusement, le secrétariat de l’administration ne lui a pas autorisé pour des raisons inconnues.

Barich Makosa, étudiant à l’université de Kinshasa a témoigné qu’un de ses cousins a trouvé la mort en 2009 pour n’avoir pas été pris en charge par un corps médical d’un centre de santé de la ville de Kinshasa. « Ça ne valait pas la peine d’engager des poursuites judiciaires contre l’hôpital, parce que la justice et le gouvernement sont au courant de cette pratique dans des hôpitaux mais, ils ne punissent pas les auteurs », a-t-il dénoncé.

Le juriste Germain Nsingi a affirmé que cette situation est une violation flagrante du serment d’Hippocrate, qui oblige aux corps médical de bien faire leur travail. Cette pratique va aussi à l’encontre de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui explique que tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sureté de sa personne.

« En définitive, la personne humaine est sacrée, les médecins sont donc dans l’obligation de rétablir, de préserver et de protéger la santé des individus conformément à leur mission et aux exigences de leur métier », a interpellé le juriste.

 

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