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Kinshasa

La faible participation des femmes à la gestion des universités

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Le bâtiment administratif de l’Université de Kinshasa loge plus un personnel masculin. Ph. radiookapi.net

 

Par Zoao Fernandez

Le taux de participation des femmes à la gestion de la chose publique en ce qui concerne les universités reste minime en République Démocratique du Congo (RDC).

Pour l’Organisation non gouvernementale « Femme Débout », cette situation en défaveur des femmes date de plusieurs années dans le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire du pays. Selon cette organisation des femmes, dans les universités et établissements d’enseignements supérieurs de la RDC, moins de 30% du personnel des comités de gestion sont des femmes.

Déjà, tout commence au niveau de recrutement des agents et cadres des comités de gestion de ces établissements du secteur de l’éducation. A cette étape, c’est les hommes qui sont plus favorisés. Pendant ce temps, la RDC compte, aujourd’hui, des femmes et des hommes compétents dans ce domaine.

A l’Université de Kinshasa (UNIKIN), quelques femmes admises dans le service administratif expliquent qu’il n’était pas facile pour elles d’y parvenir. Pour être sélectionnées, avouent-elles, il a fallu faire face à plusieurs obstacles. Certaines d’entre elles affirment même qu’elles ont été victimes de diverses formes de violences de la part de leurs collègues et supérieurs hommes.

« Si vous n’êtes pas fermes face à ces pressions, vous aller céder et ainsi tombés dans leur piège qui n’honore pas la femme », a expliqué une parmi le personnel administratif de l’UNIKIN.

Déplorant cette situation, les femmes de la structure « Femme Débout » ont plaidé pour une effectivité de la parité entre les hommes et les femmes dans les comités de gestion des universités et établissements publics de la RDC.

Cette situation n’est pas seulement l’apanage de l’UNIKIN. L’Institut Facultaires des Sciences de l’Information et de la Communication, où la communauté estudiantine est composée à plus de 70% des femmes, est aussi à son tour, dirigé par un comité dominé fortement par des hommes. Cette réalité est pareille dans la majorité des universités et instituts supérieur de la RDC.

Pour lutter contre cette domination des hommes dans la gestion des universités et instituts supérieurs du pays, quelques femmes du pays ont pris l’option de s’organiser à travers des structures privées. A l’image des « Femme Débout », ces organisations regroupent des femmes intellectuelles qui réfléchissent sur les voies et moyens de sortir le pays de cette situation.

Cette réalité prend de l’ampleur, alors que la RDC compte plusieurs lois qui tablent sur la parité entre homme et femme notamment, dans la gestion des affaires publiques.

Dans une loi récente, votée par l’Assemblée nationale et promulguée par le président de la République, la représentation des femmes doit allers jusqu’à 40% en ce qui concerne la gestion des affaires publiques. Alors qu’avant les femmes étaient comptées à moins de 30% dans l’administration publique.

Plus d’une année après cette option, les femmes éprouvent encore de la peine pour atteindre le 40% dans les institutions de l’Etat. Contentes de cette politique du gouvernement congolais, les femmes engagées dans la lutte pour la parité dans les institutions de l’Etat, ont interpellé le gouvernement de traduire en pratique cette décision louable pour elles. « On ne doit pas se contenter de la théorie de cette décision, mais plutôt de sa praticabilité sur toute l’étendue de la République », a indiqué Annie Mumba, membres de « Femmes Débouts ».

Dans le cadre de favoriser la parité dans la gestion des affaires publique, le ministre du Genre, Femmes, enfant et Familles organise depuis quelques temps, des formations, des forums, et des conférences à travers le pays. Cette initiative vise à faire comprendre les femmes comment elles peuvent contribuer à concrétiser la notion de la parité en RDC.

 

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