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Kinshasa

Devenir ‘‘Fille mère’’ n’inquiète plus les Kinois

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La majorité des filles mères à Kinshasa se rendent compte des conséquences fâcheuses qu’après le forfait. Ph. Radio Okapi

 

Par Raïssa Tshikandama

Le phénomène ‘‘fille mère’’ n’épargne plus aucun quartier de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, (RDC). Ce fléau qui touche la jeunesse féminine kinoise, est plus signalé dans les quartiers périphériques de Kinshasa où la promiscuité bat le record. Les quartiers Congo, Mombele, Kimwenza, Pakadjuma, Lubwaku, Camp Luka et autres, sont les plus exposés à ce phénomène. 

Dans le quartier Kalunga, situé dans la commune de Selembao, un grand nombre de filles en âge d’école sont tombée enceintes sans que cela n’inquiète personne. Anita Simba, 17 ans, est depuis deux ans mère d’un petit garçon. Porteuse d’une autre grossesse, elle attend d’ici peu, un deuxième enfant. Ses parents le savent bien parce qu’elle vit avec eux. Son cas est connu par tout le monde dans son quartier. Seulement, personne ne l’approche pour en savoir plus parce que le phénomène « fille mère » n’est plus nouveau dans cette partie de Kinshasa. « Lorsque vous vous retrouvez dans cette situation, souvent ce sont les parents qui sont tourmentés mais le reste du quartier ne se préoccupe pas de votre cas », a expliqué Anita avant d’ajouter que l’auteur de ses grossesse disparait toujours après son forfait pour réapparaître après.

Non loin de chez elle, dans la parcelle voisine, habite une autre fille mère. Sarah Lutumba a avoué qu’elle est devenue mère d’un enfant avant l’âge simplement parce qu’elle ne voulait pas avorter. « Malgré les mauvaises conditions de vie, j’ai décidé de supporter ma grossesse et maintenant mon enfant, avec le peu que je gagne, grandit », a-telle expliqué en affirmant que depuis qu’elle est tombé enceinte, elle est engagée dans des activités commerciales qui lui permettent de s’occuper valablement de son enfant. Avec ses petits commerces, Sarah a ainsi réussi à assurer sa survie et celle de son enfant malgré l’abandon total de sa famille à son égard.

« Dommage que ce phénomène est entrain de s’imposer dans les mœurs de la population de notre contrée, alors que, ce sont là les droits des enfants qui sont bafoués au vu et su de tout le monde, y compris de l’Etat », s’est indigné un parent d’une fille mère. Pour lui, il est difficile d’abandonner sa fille malgré le mal commis.

De son coté, le chef du quartier Kalunga, Yvon Banza a indiqué que ce phénomène prend de l’ampleur à cause de la pauvreté dans la quelle est plongée la population de cette partie de Kinshasa. Faute des moyens, beaucoup de foyers ont des enfants qui ne vont à l’école. Par manque d’occupation pour assurer leur avenir, plusieurs de ces enfants se livrent à la débauche jusqu’à tomber enceinte. Selon ce responsable, son bureau est dans l’impossibilité de mener des actions efficaces pour lutter contre ce fléau qui gangrène plusieurs quartiers de Kinshasa.

Cette situation se répand progressivement à Kinshasa alors que cela a des conséquences fâcheuses sur la santé des enfants victimes. Selon Job Mbundu, médecin généraliste, la maternité précoce cause de la « Pré-eclampsie » sur la fille porteuse de la grossesse. C’est-à-dire, la fille va connaitre des plusieurs maladies dès les 20ème semaines de sa grossesse. La fille enceinte constatera la présence de protéine dans ses urines. Elle connaitra du surpoids accompagné des œdèmes des membres inférieurs. En outre, elle sera, pendant sa grossesse, exposée à l’hypertension artérielle. Quand à l’enfant qu’elle porte, l’enfant pourra aussi être victime de la malformation. « Il y aura une forte proportion que la fille grosse donne prématurément naissance », a ajouté le professionnel de la santé.

Cadre légal

L’avocat Yannick Kasanda a indiqué à sont tour que le Code de la famille garantit les droits des filles mères ainsi que de leurs enfants. Selon l’esprit de la loi n° 09/001de02/01 2009 et la loi du 01/08/1987 portant Code de la famille part filiation maternelle, la mère et l’enfant doivent bénéficier de l’assistance de la famille, de l’auteur, de la société et de l’Etat.

Au ministère du Genre Famille et Enfant, un programme avait été initié il y a plus d’une décennie pour lutter contre ce phénomène. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation des femmes et des jeunes filles sur les conséquences du phénomène « Fille mère ». Organisé sous le thème « La protection de l’enfant, femmes et hommes, progressons ensemble », cette campagne n’est pas, jusqu’à ce jour, bien connue par la population de plusieurs quartiers de Kinshasa. « En aucun jour, j’ai vu des sensibilisateurs à ce sujet. Et pourtant, c’est un programme qui pouvait éveiller les esprits de la jeune fille pour qu’elle se comporte en responsable et éviter le pire », a déploré un habitant de Kalunga.

 

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