Speak Magazine

Kinshasa

Education : le taux de participation des filles à l’école s’améliore à Kinshasa

image4-29

A l’école primaire de Kimwenza, l’ambiance est totale entre les écolières et écoliers. Ph. Neville Mukendi

 

Par Nana Sharumba

Le taux de participation des filles à l’école connait depuis quelques années une amélioration en RDC.

Selon les études du ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP), le nombre de filles à l’école s’approche progressivement de celui de garçons à travers le pays. Pour le ministère de l’EPSP, ce nombre est passé de moins de 30% des filles à l’école il y a deux décennies, à 48,6% des filles contre 54% pour les garçons fin 2013.

Des efforts louables

Cette augmentation de nombre de filles à l’école est le fruit de plusieurs efforts menés par le gouvernement de la RDC et ses partenaires du secteur. C’est dans ce cadre que l’EPSP, en partenariat avec International Rescue Committee (IRC), Catholic Relief Service (CRS) et Save the Children International, a mis en œuvre, en juin 2013, le projet : Valorisation de la Scolarisation de la Fille « VAS-Y FILLE ! ». Ce Projet vise à atteindre les résultats suivants : Faire passer l’indice de parité genre de 0, 98 en 2013/2014 et à 1 en 2015/2016 ; assurer aux filles et aux garçons une participation équitable et complète à l’enseignement primaire ; développer des stratégies pérennes et soutenables de soutien à la scolarisation des filles et des enfants vulnérables et promouvoir chez les enseignants, les parents et les leaders d’opinion, la promotion du genre dans l’enseignement, particulièrement au niveau du primaire.

Les causes à bannir

A Kinshasa, plusieurs raisons sont à l’origine du faible taux de scolarisation de la fille. Il s’agit notamment du revenu modeste de beaucoup de familles congolaises et aussi de nombreuses pesanteurs socioculturelles. Pour certains parents, scolariser une fille constitue un énorme gaspillage de temps et de ressources financiers. D’autant plus qu’à cause du mariage de celle-ci, la famille ne pourrait jouir totalement de sa production. C’est ainsi que de nombreuses filles abandonnent les études à cause de l’attitude des parents qui privilégient les garçons par rapport aux filles. « Mes filles finiront par se marier un jour et son mari peut refuser qu’elle travail, et moi, qu’est-ce que je gagnerai en retour ? Raison pour laquelle, je préfère envoyer mes trois garçons à l’école puisqu’avec eux, je bénéficierai de leurs études », a expliqué Mempu Makambo, fonctionnaire de l’Etat et père de famille habitant N’Djili.

Dans la capitale congolaise, les hommes et les femmes pensent que la femme a plus d’estime dans les sociétés africaines lorsqu’elle est prise en mariage. « Elle peut ou ne pas étudier, l’essentielle pour elle, est de se trouver un mari avec qui, elle va fonder son foyer pour être respectée par tous », souligné Justine Kwanzambi, une quinquagénaire de la commune de Lemba.

A Kinshasa comme dans plusieurs contrées de la RDC, une femme mariée a plus de considération dans la société même si, elle n’a pas étudié. Par contre, est moins considérée dans la société, celle qui a étudiée et qui est sans mari. Ces convictions qui datent de la société traditionnelle sont difficilement adaptées à la société actuelle, dite moderne. Une société qui prône l’égalité entre les hommes et les femmes.

 

image5-30

Des élèves du Complexe Scolaire Genèse, de la commune de Ndjili à Kinshasa, lors d’une journée recréative. Ph. JDH

 

Cependant, il existe aussi des parents parmi les Kinois qui tiennent à changer la tendance déjà encrée dans la culture de la population depuis des siècles. « Envoyer mes filles à l’école est un devoir et un droit entant que parent. Je ne veux pas faire de la discrimination à l’endroit de mes enfants, car la loi du pays me l’interdit », a dit Rossy Matumona éducateur et parent des 5 filles. Selon elle, pour le meilleur avenir de ses filles, elle est dans l’obligation de les envoyer à l’école. Car, a-t-elle expliqué, c’est de là qu’elles accumuleront une éducation et formation solide.

Ne pas scolariser les filles est synonyme de les livrer à une vie indigne estime une certaine opinion en RDC. La plupart des quartiers de la capital où la scolarisation des filles est faible, le taux de la débauche bat son plein. On y signal plusieurs cas des prostitutions, d’avortements, des grosses prématurées, des filles mères et autres maux qui rongent la jeunesse féminine congolaise.

Plusieurs filles non scolarisées à Kinshasa ont avoué avoir été plongées dans cette situation faute de moyens financiers des parents, de la disparition des parents…. « Après le décès de mon père, j’ai abandonné mes études, alors que j’étais 3ème des humanités littéraires », a témoigné Philo Mandjumba, devenue mère avant l’âge.

La lutte contre la scolarisation des filles demeure encore une priorité sur toute l’étendu de la RDC. Selon Serge Mbunduka, préfet des études de l’école primaire l’Arche de l’alliance, amener les filles à l’école leur permettent de bannir le complexe d’infériorité devant les garçons, et appele tout le monde à évoluer ensemble. Pour lui, il est temps d’encourager les filles à prendre plus d’initiatives et de responsabilités dans tous les domaines de la vie économique, politique, sociale, culturelle, etc. Et cela pourra être possible que si, la RDC s’investit plus dans la promotion de la fille.

« Le droit à l’éducation est un droit fondamental et universel. L’éducation doit être accessible à tous les enfants car, c’est un droit humain qui doit être abordable à toutes les personnes, sans aucune discrimination. Tous les enfants doivent pouvoir aller à l’école, et ainsi bénéficier des mêmes opportunités », a expliqué Alexis Mutshipayi, activiste de Droits de l’homme.

En RDC, la loi portant protection de l’enfant dans son article 38 stipule que « Tout enfant a droit à l’éducation. Les parents ont l’obligation d’envoyer leurs enfants à l’école sans aucune discrimination ». Dans l’article 39 de la même loi, il est dit « qu’aucun enfant ne peut, en matière d’éducation, faire l’objet d’une mesure discriminatoire qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif ou du fait d’un particulier », a révélé Me Joseph Mushongo, avocat au Barreau près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete.

 

Tagged , , , , , , , , , , , , ,

Related Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *