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Kinshasa

Les expulsés de Brazzaville peinent à se nourrir à Kinshasa

image-15Plus de 100 000 Congolais de la RDC ont été refoulés de la République du Congo de manière inhumaine en 2014. Ph. Munor Kabondo 

 

Par Jean Hilaire Shotsha

Les expulsés de Brazzaville installés en face de la maison communale de Kinshasa vivent dans une précarité sans précédent. « Nous sommes tristes. Le gouvernement ne nous prend pas en charge depuis que nous sommes arrivés ici », lâche un d’entre eux d’un air triste. 

Depuis le 02 août 2014, quand ils se sont installés au stade Cardinal Malula dans la commune de Kinshasa, en face de la maison communale, ces expulsés se lancent dans la débrouillardise pour survivre. Se nourrir au quotidien est un calvaire pour eux. Sans famille à Kinshasa pour la plupart, ils sont derrières les passants sur les avenues Kabambare et Kasa-Vubu.

Visiblement démunis, ces expulsés ont placé des seaux, sur lesquels ils mentionnent « Lisungi » (aide), le long de la route. Argents, habits et autres besoins primaires sont les bienvenus pour eux. Les inscriptions mentionnées sur une dizaine des seaux sont un appel aux personnes de bonne volonté capables de leur venir en aide. Même les enfants des expulsés sont utilisés pour la même cause.

A entendre les témoignages des habitants de ce quartier, tous les moyens sont bon pour les expulsés pour se trouver de quoi mettre à la dent. Une fois qu’un piéton passe par là, les enfants accourent vers lui pour lui demander de l’argent. Et, lorsque la nuit arrive, les jeunes filles à la quête de l’argent, s’adonnent à la prostitution dans les rues avoisinantes. « On n’a pas le choix dans une ville qui n’est pas la notre. C’est à cause de la misère que nous nous servons de nos corps pour gagner du pain », a expliqué Carine d’un ton presque inaudible, la tête entre ses deux mains. « A Brazzaville, notre mère se débrouillait pour nous trouver à manger. Et maintenant, elle est restée à Pointe-Noire et nous ici, nous sommes obligées de nous débrouiller seules », complète-elle.

L’aide de l’Etat à ces expulsés est à compter aux bouts des doigts. Seuls les associations, les églises, les ONG et quelques privés viennent au secours de ces personnes sans abris. Parmi les privés, les expulsés citent la boulangerie Maman Poto qui, chaque matin leur apportent des pains pour le petit déjeuner.

Outre cette assistance, explique Jean-Pierre Longange, vice-président, les expulsés ont reçu en janvier une visite des quelques médecins envoyés par le vice-président de l’Assemblée nationale pour effectuer des consultations médicales sur des enfants. Cette équipe avait amené quelques sacs de riz et des poulets pour 160 familles installées au stade Cardinal Malula.

Face à la présence de ces expulsés dans cette partie de Kinshasa, le gouvernement affirme ne plus être à mesure de les prendre en charge. Selon l’assistant chargé des Affaires sociales de la commune de Kinshasa, ces expulsés ne sont plus sous la responsabilité du gouvernement congolais. Car, pour tous ceux qui n’avaient pas des familles à Kinshasa, le gouvernement avait mis des moyens pour les renvoyer dans leurs familles en provinces.

A ceux qui avaient des familles à Kinshasa, l’Etat congolais leur avait remis des moyens de transport pour retrouver les leurs.

Au total, 160 familles croupissent dans cette situation. Parmi eux, on dénombre 250 enfants parmi lesquels 83 sont âgés de 2 à 10 ans, 90 de 11 à 15, et 32 de 16 à 23 ans. A leur arrivée sur ce site, le gouvernement avait chargé le service de la Croix-Rouge en ce qui concerne la prise en charge alimentaire et d’autres programmes. Quelques jours après, ils ont été déplacés vers à Maluku où se trouvait un site aménagé pour eux.

 

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