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Kinshasa

Les détenus de la prison de Makala déplorent leurs conditions de vie

Par Patrick Monkango

Les détenus de la prison centrale de Makala (ex CPRK) déplorent les conditions de vie auxquelles ils sont soumis.Le mode de vie auquel ils sont confrontés laisse beaucoup à désirer. C’est le constat fait jeudi 14 mai, à la prison Centrale de Makala située, dans la Commune de Selembao.

Cette maison carcérale, communément appelée prison, compte onze pavillons. Son but principal est de rééduquer tous ceux, considérés comme les hors la loi et prises pour détenus. Repartis en pavillons et dans des chambres différentes, les détenus se contentent à respecter des endroits et tâches qui leur sont attribués. Mais hélas, déplorent-ils, les conditions varient selon les statuts de chacun.

D’entré de jeu, les chambres sont reparties en des montants différents. Il y en a pour 100 USD, 80 USD, 70 USD, 50 USD, 30 USD, 20 USD et 1000 Franc Congolais. Les chambres comprises entre 100 et 50 USD sont prises pour des chambres de luxe. Elles sont généralement occupées par des prisonniers politiques et des prisonniers hauts gradés dans la société. Elles ne sont pas collectives, mais plutôt personnelles.

Ces chambres comprennent le luxe et le confort. Le coût apprécié est à payer dès que l’on accède la prison jusqu’au jour de la fin de la peine à purger. Le reste des chambres sont à l’usage collectif commençant par 30 personnes jusqu’à un nombre infini selon la taille de la population carcérale, car le nombre exact des prisonniers n’est pas connu. « Nous sommes vraiment nombreux. C’est difficile de savoir combien de détenus il y a ici. Nous sommes butés par un problème de surpeuplement. Lors des engorgements hebdomadaires, une centaine de détenus font régulièrement leur entrée. Mais s’il faut parler du désengorgement, plus au moins cinq prisonniers seulement sont régulièrement libérés »,  a affirmé Junior Bope, détenu depuis l’an 2010.

Condition alimentaire 

Après une longue période de « Vungule », le système d’haricot mélangé au maïs considéré comme la nourriture principale pour prisonnier, l’actuel directeur du CPRK, Kabita, vient de bannir ce système. Le directeur a instauré le système de préparation normale du riz blanc pour tous les détenus. « Nous pouvons nous estimer content car le Vungule était vraiment un élément destructeur de la santé. Il ne nous apportait que la tuberculose », sont les expressions de quelques détenus.

Soins médicaux au CPRK

Un Centre de Santé pour prisonnier se trouve à l’enceinte même de la prison, mais dans ses services, ce centre de santé n’est pas à même de répondre à tous les problèmes médicaux auxquels font face les différents détenus en besoin. « Le Centre n’est pas en mesure de nous donner les soins appropriés. Il est par ailleurs, la cause du décès de plusieurs prisonniers », a dit Bope Junior, Prisonnier.

La Sécurité 

Les prisonniers sont à 90 % agent de leur propre sécurité. A part les soldats et policiers qui se chargent de sécuriser la prison, ainsi que son contenu, les détenus sont organisés de manière à maintenir la paix. Il existe des prisonniers généraux, capitaines, colonels. Pour assurer l’ordre, les prisonniers se sont constitués des instances qu’ils considèrent comme un sous-ciat et un parquet au l’on juge tous les mauvais actes des autres détenus indisciplinés. Les prisonniers nommés gouverneurs sont dispatchés dans tous les pavillons, qu’ils considèrent comme des villes. Lorsqu’un des détenus pose un acte jugé mauvais par les membres de leur parquet, il est enfermé dans une cellule d’isolement avec une modalité équivalente à l’acte posé. En outre, ce sont aussi les prisonniers qui assurent le service protocolaire lors des procès, ils sont aussi techniciens.

Victime d’injustice

Plusieurs sont les détenus qui n’ont jamais été jugés. Certains attendent toujours qu’il y ait audience pour leur cas et d’autres ont vu leurs dossiers en délibéré. « Je suis ici depuis le 26 mai 2010 pour viol sur une jeune fille de 23 ans. Depuis lors jusqu’à ce jour, je n’ai jamais été jugé mais mon affaire est toujours en délibéré. Dieu merci, je sors le 26 mai prochain après avoir purgé cinq années de peine », s’est exprimé Junior Bope Kwete. Notre constat fait aussi état des enfants prisonniers retrouvés au CPRK, alors que les enfants en conflit avec la loi sont admis dans des maisons de rééducation pour enfant.

Divertissement 

Le CPRK contient un terrain de football ainsi que de basketball. Au moment de détente, les prisonniers préfèrent se divertir entre eux ou avec toute autre équipe provenant en dehors de ce cadre de détention. C’est le cas des anciens léopards qui ont joués contre les prisonniers la semaine passée. Tout compte fait, les prisonniers se disent satisfaits de l’électricité et de l’eau car ce sont deux choses qu’ils affirment ne pas manquer. Chaque dimanche, ils payent DCF 500, DCF 300 pour suivre la télévision et DCF 200 pour l’achat du savon, question de nettoyer le lieu où ils suivent la télévision.

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