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Kinshasa

La RDC peine à matérialiser sa politique sur les droits des retraités

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Sur cette place de la fonction publique baptisée Golgotha par les fonctionnaires, se tiennent des manifestations de revendication des droits des travailleurs. Ph. Clubs JDH

 

Par Marc Kikela Mumba

La fonction publique de la République Démocratique du Congo est butée à d’énormes difficultés qui ternissent son image au sein de la société.

Accepter de vivre sous l’étiquette d’un fonctionnaire de l’Etat dans ce pays de l’Afrique centrale, rime avec un travailleur sans salaire adéquat et qui draine derrière lui, plusieurs mois d’arriérés. En plus de cette réalité, on dénombre plusieurs fonctionnaires dont, l’âge a largement dépassé les limites définies par le statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et Règlement d’administration en RDC. Les agents qui frôlent le troisième âge continuent à œuvrer dans la fonction publique alors qu’ils devaient déjà être retraités.

Selon le dernier recensement réalisé par le ministère de tutelle, plus de 222.000 agents de la fonction publique sont éligibles à la retraite. « Cependant, buté au problème d’argent le gouvernement n’est pas à mesure d’y parvenir », a expliqué le ministre de la fonction publique, lors de son interpellation devant le Senat au mois de juin.

A l’administration publique, les faits parlent d’eux-mêmes. La plupart de bureaux ici, sont presque vides. Le peu d’agents installés dans quelques bureaux présentent en majorité un âge avancé évalué à plus de 65 ans. Visiblement fatigués par le poids de l’âge, ils consacrent un bon temps de travail aux conversations. Lorsque midi approche, d’autres se longent sur les bureaux en attendant la fin de service. Chaque jour, c’est la routine dans les installations du bâtiment de la fonction publique.

Chaque visiteur qui arrive ici, est frappé par la lenteur dans la manière de travailler des fonctionnaires. « Tout marche au ralenti dans ce bâtiment de l’Etat. L’âge avancé de certains agents a tout influencé », a témoigné un étudiant en visite à la fonction publique pour ses recherches. « Lorsque se pointe un visiteur devant un bureau, il est difficilement accueilli et servi de manière prompte », poursuit-il. Pendant qu’il expliquait, quatre fonctionnaires sont chacun à sa place dans un des locaux. Voici venir deux autres jeunes étudiants à la recherche de quelques informations sur le fonctionnement de cette entreprise de l’Etat. Accroché à son siège, un parmi les agents du bureau invite les visiteurs à son bureau par un signe de la main. Après quelques minutes de conversation, le fonctionnaire leur demande sans certitude de repasser une semaine après pour être servis.

« J’ai trop travaillé pour la fonction publique et maintenant, j’ai besoin de me retirer. Mais, seulement cela nous parait impossible parce que l’Etat, notre patron, est dans l’impossibilité de retraiter les agents faute des moyens », a expliqué un septuagénaire engagé dans l’administration de l’Etat depuis 1980 avant d’ajouter que « tous ces qu’on nous demande ici, c’est d’être patients ».

L’Etat face à ses responsabilités

Conscient de cette situation, le gouvernement congolais avait annoncé en 2013 le processus de retraiter tous les agents en fin carrière au début de l’année 2014. Une démarche qui visait le rajeunissement de la classe ouvrière en RDC. Au ministère du Portefeuille, on affirme que cette démarche sera effective après le recensement des agents de la fonction publique de la RDC lancé depuis plus de 3 ans.

« Il y a des avancés significatives depuis que la démarche avait été lancée », a expliqué un cadre du ministère de la fonction publique. En 2010, une centaine d’agents avaient été retraités et indemnisés avec montant jugé insignifiant de 3.000 USD chacun. Depuis lors, l’opération est restée lettre morte.

Les droits des retraités

La Déclaration universelle des Droits de l’homme consacre dans son article 24 le droit à la retraite après de longues années des services. D’après l’activiste des Droits de l’homme, Stéphane Mashiki Mashiki, la RDC est bien outillée en textes sur les retraités de la fonction publique. Malheureusement, les décideurs du secteur ne parviennent pas à les respecter. Selon lui, la loi congolaise fixe la fin de carrière des agents à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Pendant ce temps, un grand nombre de fonctionnaires dépasse la limite.

La fonction publique est pour un Etat, un des piliers du développement étant donné qu’elle assure la régularité et la continuité des services publiques. Elle peut être aussi considérée comme un instrument de mémoire pour l’Etat parce qu’elle est un pont entre plusieurs génération.

 

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One thought on “La RDC peine à matérialiser sa politique sur les droits des retraités

  1. Jean-Hilaire shotsha

    Courage confère Marc Kikela. Nous avons choisi de défendre les droits de l’homme qu’ils sont violés.

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