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Kinshasa

Des Victimes de la pédophilie signalées à Kinshasa

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Certaines victimes de la pédophilie préfèrent se taire de peur de subir la discrimination de la société. Ph. Clubs JDH

 

Par Makengo Yannick

Les violences sexuelles qui ont élues domicile dans la partie Est de la République Démocratique du Congo (RDC), sont aussi annoncées dans la capitale Kinshasa. Dans cette métropole de plus de 9 millions d’habitants, on signale beaucoup de cas de viol fait aux filles mineures.

Victimes de ce fléau qui prend de l’ampleur à travers la ville, quelques mineures sont hébergées dans des centres privés de Kinshasa pour une prise en charge. A la Ligue Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Elèves (Lizadeel), où sont prises en charge plus d’une dizaine de victimes, figure une fillette de 3 ans qui a été violée par un homme de 45 ans. Selon un assistant social de la Lizadeel interrogé à ce sujet, le bourreau vivait dans une parcelle voisine à celle des parents de la victime. Le jour de l’acte ignoble commis sur la fillette, la nouvelle a laissé tout un quartier dans l’émoi total.

Le mal est arrivait a l’absence de son père, au moment où la fillette avait envie de croquer quelques biscuits. Incapable de satisfaire au besoin de son enfant, sa mère fera recours au service du voisin qui a manifesté sa volonté de venir en aide à l’enfant. Comptant sur les relations cordiales avec son voisin, la mère de la victime confiera sa fillette au bon soin du voisin. Celui-ci, en bon voisin, prendra la direction du coin de la rue où était installée une échoppe. Après lui avoir acheté quelques paquets de biscuits, cet homme de 40 ans révolu entraîna l’enfant dans sa maisonnette pendant plusieurs minutes. Revenant de son travail, le père de la victime a constater l’absence de son enfant à la maison.

Une fois informé que sa fillette était chez son voisin, il intimera l’ordre de la ramener immédiatement. Alerté par les pleurs de la sœur ainée de la victime partie la récupérer, le père s’est rendu en trombe chez le voisin. C’est alors qu’il  constatera, malheureusement, de lui-même les faits. « Il a aperçu sa fille en larmes assise sur les cuisses du bourreau, avec du sang qui coulait sur les parties intimes de l’enfant », a raconté l’assistante sociale de la Lizadel avec chagrin.

Emporté par la colère, le père de la victime et quelques membres de la sa famille ont réussi à neutraliser le présumé violeur avant de le confier auprès des services de la police la plus proche.

Saisie de l’affaire, la Lizadeel s’est investie pour transférer la victime à l’hôpital de Kitambo pour les premiers soins, puis assurer sa prise en charge psychologique. L’ONG assistera la famille de la victime pour traduire en justice le bourreau jusqu’à obtenir son incarcération rapide à la prison centrale de Makala dans le respect de la loi.

Des cas de viol sur les mineures sont légions à Kinshasa. Lizadeel seule, prend en charge plus d’une centaine de victimes de ce fléau dans la capitale. Cette organisation non gouvernementale des droits humains à vocation internationale, a pour mission d’œuvrer pour la promotion et la protection des droits des enfants et des femmes vulnérables.

Selon l’un de ses responsables, plusieurs cas de violences sexuelles sur les mineurs sont enregistrés à Kinshasa. « Malheureusement beaucoup d’entre ces cas ne sont pas signalés par les familles des victimes aux services compétents. Ils préfèrent des arrangements à l’amiable », a déploré l’assistante sociale. Lizadeel, actuellement une structure de référence dans la lutte contre les violences sexuelles sur les enfants à Kinshasa, favorise l’accès à la justice de plus de ¾ des victimes. « Nous recevons à  titre d’exemple de la part des tribunaux pour enfants, des enfants vulnérables victimes des violences sexuelles qui ne sont pas capables de payer les frais exigés pour le rapport médical légal », a indiqué Abraham, secrétaire de cette même ONG.

« Les violences sexuelles faites aux enfants, constitue une violation de leurs droits fondamentaux et un obstacle à la tête des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) », a déclaré la Secrétaire générale au Ministère du Genre, Famille et Enfant, Jacqueline Lofulo. Elle s’est exprimé au cours de l’atelier d’élaboration du plan d’action nationale pour mettre fin au mariage des enfants avant l’âge de 18 ans en RDC, organisé du 17 au 20 Août 2015 au centre Bethanie à Kinshasa par le même ministère en collaboration avec l’Unicef.

Jacqueline Lofulo a souligné que tous les enfants ont droit à la survie, à la protection et au développement. Elle a ensuite, salué les efforts du gouvernement congolais pour son engagement dans la protection et dans la promotion des droits de l’enfant, en mettant en place une police réservée à cette matière.

S’appuyant sur l’article 4 de la loi portant protection de l’enfant, Lievin Gibungula, avocat conseil de la Lizadeel a parlé de l’égalité des droits et de la même protection offerte aux enfants en RDC. « Aucune exclusion fondée sur la fortune, la santé, l’origine ethnique, tribale ou social, la situation familiale peut se faire dans la jouissance des droits garantis par la loi à l’encontre de l’enfant », a-t-il martelé.

C’est dans le même sens que la loi fondamentale en vigueur de la RDC appelle l’Etat congolais en son article 123 au point 16 à garantir la protection des groupes vulnérables.

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