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Kinshasa

Des filles mères kinoises exposent leurs enfants à la malnutrition

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Ph. Clubs JDH/RDC

 

Par Raïssa Tshikandama

La malnutrition se porte bien parmi les enfants des parents filles mères à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Comptées en grand nombre dans les quartiers périphériques de Kinshasa, beaucoup de filles mères exposent la santé de leurs enfants à cause des mauvaises conditions alimentaires dont elles sont victimes.

Au quartier Kalunga dans la commune de Selembao, dans le district de FUNA où on retrouve sur chaque ruelle au moins deux filles mères, un enfant sur deux présente une santé précaire.

Sarah Bingolo, une jeune fille de 19 ans et mère d’un enfant âgé de 2 ans, explique à tous ceux qui veulent l’entendre les difficultés qu’elle rencontre pour nourrir son bébé. Abandonnée par son mari, elle se débrouille seule pour subvenir à ses besoins alimentaires et ceux de son enfant. Vendeuse des braises, elle a comme repas principal pour son enfant la bouillie de farine de maïs mélangée uniquement avec du sucre. Sans aucun autre produit alimentaire riche en protéine, Sarah donne ce repas à son enfant matin, midi et soir. « Peu importe la qualité, l’essentielle est de trouver quelque chose à lui donner pour calmer la faim », a-t-elle expliqué. Depuis que son enfant est né, elle alterne toujours entre de l’eau et la bouillie, et cela tous les jours. Rarement, lui donne-t-elle du lait maternel. « Quelques mois après sa naissance, j’étais toujours là pour l’allaiter. Mais, maintenant à cause de la famine dont moi-même je suis victime, je ne peux plus le faire régulièrement parce qu’il est impossible de se donner à ce geste lorsque vous êtes vous-même affamé », a-t- ajouté.

Comme Sarah, Nadine Nsimba, 21 ans, habitante du quartier Lalu dans la commune de Ngaliema est aussi dans la même situation de précarité. Mère de deux enfants, elle affirme être consciente de l’état de santé médiocre que présentent actuellement ses enfants. Un ventre ballonnée et des cheveux colorés caractérisent ses deux fils. « Moi et mes enfants, nous mangeons lorsque nous trouvons quelques choses. Le père de mes enfants est un chômeur. Il se débrouille dans la vente des savons qui ne tourne pas tous les jours », témoigne-t-elle d’un air triste avant d’ajouter que dans ces conditions, il est difficile pour elle de s’occuper convenablement de l’hygiène alimentaire de ses enfants.

Les filles mères, se trouvant dans ces conditions de vie avec leurs enfants, sont nombreuses dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Selon le chef de zone santé d’Ozone, Ghislain Nzadi, la précarité de vie de la population est à l’origine de la mauvaise santé des enfants des filles mère dans cette partie de la capitale. « Très souvent, nous recevons ces filles mères pour des problèmes de santé de leurs enfants. Malheureusement, beaucoup d’entre ces enfants présentent une malnutrition avancée », a expliqué le chef de zone de santé. Selon lui, les difficultés alimentaires chez les enfants des filles mères présentent un danger contre la croissance normal des enfants. La malnutrition chez l’enfant peut influencer négativement sur le fonctionnement normal du cerveau de l’enfant et même sur le développement des os de ces derniers. « Les parents doivent régulièrement suivre et mettre en pratique les conseils des spécialistes dans ce domaine pour se mettre à l’abri des maladies la santé de leurs enfants », a-t-il dit.

Conséquence sur les victimes 

Pour le pédiatre, Théodore Ndala, au regard de l’âge des enfants exposés à la malnutrition, il est important d’interpeller les parents pour recourir à l’allaitement maternel exclusif. « C’est le le seul moyen, selon lui, de réduire certains risques tels que les infections et les maladies aux quelles sont exposés les enfants », a expliqué à son tour, le directeur du Programme national de Nutrition, Jean Pierre Banea.

Selon la loi portant protection de l’enfant, l’Etat congolais est appelé à garantir le recouvrement de la pension alimentaire de l’enfant auprès des parents. « Aujourd’hui, beaucoup de dispositions en faveur de la sécurité de l’enfant sont restées des lettres mortes », a déploré le magistrat Léon Nguya.

 

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