Speak Magazine

Kinshasa

Des étudiants s’adonnent à l’exploitation des mineurs pour leur fin à l’Université de Kinshasa

image2-15

Ils sont de plus en plus nombreux, les enfants qui envahissent le Campus pour un gagne pain. Ph. Julie Masengu/JHR

 

Par Bokumugala Deo Gracias

Des charges d’eau sur des têtes d’enfants, des coups de ballais chaque matin dans les chambrettes des homes du campus, de la lessive le long des journées …, sont les différents travaux auxquels beaucoup d’enfants de moins de 18 ans sont soumis dans le site de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

Appelés communément ‘‘sans abris’’ plusieurs enfants envahissent le site universitaire de Kinshasa pour s’adonner à des multiple travaux. Du matin au soir, ils sont présents sur le site pour exécuter des travaux qui leurs sont proposés par des étudiants internés dans les homes. Agés de 10 à 15 pour la plupart, ces enfants mineurs en majorité de sexe masculin proviennent des quartiers environnants de l’Université de Kinshasa.

On les voit présents, aussi bien dans des chambres des étudiants résidants aux homes et aussi dans les restaurants de fortune érigés sur le site universitaire. Ils sont, malgré leur âge, à la recherche d’un gagne pain quotidien. « Nous travaillons pour les étudiants, les propriétaires restaurants et les organisateurs des mouvements religieux estudiantins. Nous les aidons en échanges des billets d’argents », expliqué Jonathan Bitwa, âgé de 12 ans, habitant le quartier Kindele dans la commune de Mont-Ngafula.

Au Home de la faculté de l’Economie, un autre garçon de 11 ans, prénommé Gency, fait de la lessive pour une étudiante en échange de quelques billets de banque. L’enfant mineur explique qu’il gagne au quotidien pas moins de 3000 FC. Comme ses amis, après la lessive, il s’adonne à la vente d’eau dans des récipients. Le prix de cette denrée varie de 50 à 100 Francs congolais, selon la grandeur du récipient. Dans les restaurants de fortunes où viennent assoupir leur faim les étudiants, ces mineurs assurent le rôle des serveurs.

Cependant, ils déplorent la mauvaise volonté des étudiants qui échangent le service rendu en en monnaie de singe pour des travaux souvent pénibles à réaliser. « Pour un bidon de 25 litres on vous remet 100 FC congolais », a dénoncé Vinny Tadi habitant Banza-Lemba. Agée de 16 ans, elle a indiqué qu’elle avait arrêté avec ses études il y a une année à cause des difficultés pécuniaires de ses parents.

Face à cette situation, certains responsables des enfants condamnent les étudiants qui négocient les différents travaux avec ces mineurs. Pour eux, la plupart de ces enfants exercent ces travaux à l’insu des parents et sous le regard impuissant des autorités académiques de l’UNIKIN. « Il n’existe aucune mesure pour contraindre ce phénomène sur le site », a dénoncé un parent.

Jérémie Kuyeye, étudiant en Droit interné dans le campus reconnais avoir toujours fait recours au service des ces mineurs. « On n’a pas suffisamment le temps pour s’occuper totalement du ménage à cause des activités académiques », a-t-il reconnu.

Une liste élargie des responsables

L’article 36 de la Convention relative aux droits de l’enfant ordonne aux Etats parties, dont la RDC, de protéger l’enfant « contre toutes autres formes d’exploitation préjudiciables à tout aspect de son bien-être ». En RDC cette disposition est renforcer par l’article 3 du Code de travail qui interdit l’utilisation des enfants dans les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à sa santé, à sa sécurité, à sa dignité ou à sa moralité.

De son coté, Maitre-avocat, Toussaint Mutshipayi, spécialiste des Droits publics, pense que la responsabilité est partagée dans cette affaire. Considérée comme l’exploitation des enfants et de la violation de l’article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme qui interdit l’exploitation des enfants dans le monde. « L’Etat, les autorités académiques, les parents, les étudiants, sont responsables », a éclairé l’homme des droits.

Se défendant, un membre du secrétaire général administratif de l’UNIKIN a expliqué que son institution est dans l’impossibilité de contrôler de prêt tous les mouvements sur le site. Pour lui, il revient aux auteurs de ces pratiques de s’investir pour mettre fin à cette forme d’exploitation des enfants mineurs.

 

Tagged , , , , , , , , , , , ,

Related Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *