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Kinshasa

Beaucoup des femmes privent leurs enfants du lait maternel

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Une femme mère recevant avec d’autres mères des enseignements sur les avantages de l’allaitement maternel dans un centre de santé de Kinshasa. Ph. JDH/RDC

 

Par Marc Kiela Mumba

Certaines femmes kinoises préfèrent nourrir leurs enfants du lait de biberon en lieu et place du lait maternel. Ce constat a été fait par quelques corps médicaux de la capitale de la RDC. Interrogées sur cette question, un bon nombre de femmes ont avancé plusieurs raisons qui justifieraient ce comportement déploré par plusieurs médecins.

Pour certaines, beaucoup de femmes préfèrent arrêter de donner le lait maternel au bébé quelques semaines seulement après son accouchement de peur d’avoir une poitrine déformée. « Je ne vais pas avoir une poitrine affaissée alors que je suis encore trop jeune », a expliqué Nadine Lukau, âgée de 21 ans qui vient d’avoir son premier fils. Rencontrée à la sortie de la salle de maternité de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa, la jeune mère n’a pas caché sa volonté de rompre dans un proche avenir avec le sein maternel qu’elle donne à son premier né. « Je suis à mon premier accouchement et je vais garder ma poitrine à l’image de mon âge », a-t-elle précisé.

Elles sont nombreuses les jeunes mères qui privent du lait maternel à leurs enfants parmi les habitants de Kinshasa. Au quartier Congo, Claudine Mungwasa, âgée de plus de 20 ans est mère de deux enfants. Elle témoigne avoir fait grandi ses deux fils avec le lait de biberon et cela n’a pas empêché à ses enfants d’avoir une santé de fer.

Cependant dans plusieurs hôpitaux, les médecins et les infirmiers ne cessent d’insister auprès des femmes qui viennent d’accoucher de donner du lait maternel aux nourrissons jusqu’à l’âge de 6 ans. Malheureusement ces conseils des professionnels de santé sont difficilement mis en pratique. « On attends toujours parlé de l’allaitement maternel exclusif. Personnellement, je dirai que c’est un peu difficile à respecter à la loupe tout ce que demande le médecin en cette matière », a expliqué une mère de 4 ans quartier Délvaux.

Les sorts des victimes

Selon les statistiques, peu de femmes à Kinshasa nourrissent exclusivement leurs enfants du lait maternel pendant les 6 premiers mois. « Le taux est très faible et même en dessous de la moyenne », a affirmé le ministre de la santé publique Félix Kabange Numbi, lors du lancement de la semaine mondiale de l’allaitement maternel célébrée à Kinshasa du 13 au 21 août 2015.

Le ministre a, dans son discours, regretté le fait que certaines femmes refusent d’allaiter leurs bébés, alors que le lait maternel est idéal pour la bonne santé des enfants. Il contribue favorablement à la croissance et le développement harmonieux de l’enfant. En effet, selon le ministre congolais, l’allaitement maternel exclusif appliqué à grande échelle permettra de réduire la mortalité infanto-juvénile de 13%.

A son tour, la représentante adjointe de l’Unicef, Sylvie Fouet s’est attardée, à cette occasion, sur les avantages du lait maternel. Pour elle, l’allaitement maternel doit être un geste naturel et de routine. « Malheureusement en RDC un enfant sur deux n’est pas allaité au sein maternel. Il ya donc un chemin à parcourir dans cette pratique », a-t-elle regretté. Pour le nutritionniste de la zone de santé de Binza-Météo, les enfants qui n’ont pas bénéficié de l’alimentation de base, sont buttés à des nombreuses maladies, dont la malnutrition et le manque de croissance.

L’état face à ses responsabilités

Pour relever ce défi, Sylvie Fouet a appelé à l’implication de tout le monde pour la promotion de l’allaitement exclusif. « Toutes les forces doivent s’impliquer dans ce combat pour nos enfants », a –t-elle dit. Elle reconnu par ailleurs, qu’il ya eu une augmentation de 48% des femmes pratiquant l’allaitement exclusif à Kinshasa selon les études de l’Unicef.

Selon le programme national de nutrition et le texte de l’Unicef, il est recommandé aux femmes et à celles qui allaitent de mettre le nouveau né au sein dans l’heure qui suit l’accouchement, de donner uniquement du lait maternel les 6 premiers mois et de continuer l’allaitement jusqu’à deux ans ou plus. « Aujourd’hui, cette disposition est tombée dans les oubliettes dans la mesure où les parents privent leurs enfants du lait maternel. C’est le seul moyen d’apporter tous les éléments nutritifs nécessaires dont l’enfant a besoin pour sa croissance », a conclu le juriste, Cyril Kazuala.

 

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