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Kinshasa

Les droits d’auteurs sont loin d’être respectés à Kinshasa

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Des auteurs réunis dans un atelier au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa pour réfléchir sur l’avenir du secteur du livre en RDC. Ph. Clubs JDH

 

Par Sifa Kaleta

Ils sont nombreux dans les rues de Kinshasa, les vendeurs ambulants qui proposent aux amoureux de la lecture des ouvrages à vil prix. Vendus dans les librairies à prix élevés, les ouvrages vendus sur la place publics sont souvent deux fois moins chers. Les places Victoires, Magazins, Rond-point Ngaba, Upn et autres figurent parmi les lieux où ces ouvrages piratés sont vendus au détriment des droits d’auteurs responsables de ces œuvres d’esprits.

Au croisement du Boulevard Lumumba et l’avenue Kasa-vubu, dans la commune qui porte le même nom, se trouve un bouquiniste. Sur son étalage, plusieurs ouvrages de différents auteurs congolais, africains et européens. S’expliquant sur les origines de sa marchandise, le vendeur d’une trentaine d’années affirme les avoir de deux manières. Premièrement, il a la possibilité de les avoir en seconde main. C’est-à-dire, un acheteur d’un livre dans une librairie peut après avoir consommé le contenu de son produit venir lui proposer la vente de son ouvrage. Enfin, le vendeur a avoué avoir collaboré avec certains grossistes qui lui apportent des ouvrages neufs pour les revendre. « Ce sont des ouvrages visiblement neufs, mais pas de très bonne qualité. Lorsque vous les comparer avec ceux qui sont vendus dans les librairies de Kinshasa, vous vous rendrez compte qu’ils ne sont pas des produits originaux », a témoigné le vendeur sous l’anonymat. Malgré cette mauvaise qualité de ces ouvrages, ils sont les plus préférés et achetés par les conditionnés du livre parce qu’ils sont vendus à un prix abordable et accessible par tous.

« Compte tenu des difficultés financières, je suis dans l’impossibilité de me procurer un ouvrage dans une librairie. Avec mes maigres moyens, je suis obligé de recourir à ces vendeurs peu crédibles », a expliqué un étudiant de l’Université nationale pédagogique rencontré devant un étalage d’ouvrages situé non loin de son université. Ici, on peut obtenir un livre de 50 USD à 20 USD après une négociation avec le vendeur.

Selon les proches de certains vendeurs ambulants ces ouvrages sont remis aux vendeurs par certains imprimeurs de fortune installés dans la capitale congolaise. Parmi les vendeurs de ces ouvrages piratés, on indique que beaucoup d’ouvrage piratés sont téléchargés sur internet. Pour ne pas n’est pas être poursuivi par la justice, beaucoup d’entre ces récalcitrants dans ce domaine préfèrent reproduire des ouvrages des auteurs africains et occidentaux. « Il est difficile que ces auteurs viennent réclamer auprès de nous, ce qui n’est pas le cas avec les auteurs du pays parce qu’une fois au courant, ils ont la possibilité de nous interpeller et nous trainer en justice », a indiqué le vendeur.

Une réalité qui ne rencontre pas l’avis de certains observateurs. « On ne peut pas tolérer, ni encourager la contrefaçon dans ce secteur. Il faut dénoncer les auteurs de ces actes pour qu’ils soient punis par la loi », a expliqué Joseph Ilunga, un amoureux de la lecture rencontré dans la librairie Mediaspaul sur la place Victoire à Matonge dans la commune de Kalamu.

Claude Ndongala, vendeur grossiste des livres, a révélé que le secteur du livre est incontrôlé. « Le mal qui ruine ce secteur est connu de tous. Malheureusement, nous avons régulièrement des visites de plusieurs services de l’Etat auprès desquels nous payons des frais exigés par la loi », a-t-il dit.

Cette situation déplorée par les conditionnés du livre date de plusieurs années jusqu’au point personne ne s’en occupe plus. « Plusieurs fois nous avons dénoncé cela mais sans succès. Notre pays est incapable de mettre en pratique les lois qui dirigent ce secteur. Ce secteur est dépourvu des mécanismes de contrôle efficace pour mettre fin à cette situation », a déploré Jules Kabamba, un jeune écrivain.

Selon l’ordonnance loi N° 86-033 du 05 avril 1986, toutes œuvres d’esprits y compris les livres doivent être déclarées à la Société congolaise des Droits d’Auteurs de la RDC (SOCODA). Cette déclaration doit être suivie d’un payement des frais de protection et de déclaration.

A la SOCODA, on affirme être au courant de cette situation punie par la loi. « Nous protégeons les œuvres déclarées et enregistrées chez nous. Nous avons même nos équipes envoyées sur terrains pour interpeller et arrêter les hors la loi », a expliqué le chef principal de l’affiliation et documentation à SOCODA, Tulpon Mutuale. D’après lui, même les œuvres des auteurs étrangers sont protégées par la SOCODA.

 

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