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Kinshasa

La prolifération des véhicules polluant, un vrai danger pour la population

Marc Kilela Mumba

Un bus d’une année inconnue en réparation. (Photo JDH)

Un bus d’une année inconnue en réparation. (Photo JDH)

Avec la pauvreté qui gangrène la population kinoise, il n’est est pas facile aux kinois de  s’acheter une voiture neuve. C’est ainsi que la plupart recourent à des voitures d’occasion qui, malheureusement, la plupart polluent l’air et constituent un véritable danger pour la santé de la population.

Depuis maintenant plusieurs années, le port de Boma dans la province du Bas-Congo reçoit de plus en plus des voitures, minibus et bus d’occasion en provenance de l’occident. Un vrai réseau de la diaspora congolaise qui déverse ces véhicules aussi bien pour la vente que pour la consommation de leurs proches parents. Une fois toutes les formalités faites, ces véhicules, pour la plupart, arrivent à Kinshasa pour alimenter le charroi automobile de la capitale. Des véhicules aux apparences neuves mais dont les moteurs usés ne demandent qu’à se reposer après un loyal et fidèle service rendu. Selon les experts, la métropole compterait environ 500.000 véhicules, soit, une voiture pour 20 habitants dans une ville dont la population est estimée à plus de 10 millions d’habitants. Ces véhicules dont la majorité est utilisée pour le transport en commun  contribuent énormément à la pollution de l’air. « Alors que les villes des pays développes sont polluées par des usines qui les enrichissent, la ville de Kinshasa, qui n’a pas tellement d’usines, est polluée par des véhicules vétustes. On dirait que notre pays est devenu une sorte de cimetière pour voitures mortes des pays développés », a dit Lepère Mumba.

Les véhicules fumant, un vrai danger

Selon les experts de l’environnement de l’Université de Kinshasa, la pollution de l’air provoquée par le gaz d’échappement des véhicules, surtout les plus vieux, constitue un véritable danger pour la population. Elle est accentuée par les différents embouteillages que connait la capitale. Parmi les gaz échappés figure le dioxyde d’azote, un oxydant et un poison violent. Son inhalation donne une réaction instantanée avec l’eau de la muqueuse interne des poumons, conduisant à la production d’acide nitrique qui peut causer des brulures et attaquer le système respiratoire. D’après les mêmes sources, les véhicules sont à l’origine de 32% des émissions de dioxyde d’azote dans l’air. Sa concentration moyenne à l’intérieur d’un véhicule est bien supérieure à la limite  recommandée par l’OMS. D’après l’OMS, dans bien des villes, les concentrations annuelles moyennes proviennent essentiellement de la combustion des carburants fossiles ou autres. Il ajoute que cette concentration dépasse les 70 microgrammes par mètre-cube. Pour ce faire, les nouvelles directives affirment que pour éviter toute atteinte à la santé, cette concentration devrait être inférieure à 20 microgrammes par mètre cube.

Une pollution aux conséquences néfastes

La pollution atmosphérique due aux gaz d’échappement est à la base de plusieurs maladies des poumons. Les données du ministère de la santé font état des bronchites, d’asthme et de maladies respiratoires, notamment,  chez les enfants. Il y a quelques années, un enfant sur dix souffrait des problèmes respiratoires. Mais aujourd’hui, d’après Jean Marie KAYEMBA, spécialiste en Pneumologie et professeur aux facultés de médecine à l’Université de Kinshasa, environ trois enfants sur dix souffrent des maladies respiratoires dans la ville de Kinshasa. « Cette légère augmentation des cas de maladies respiratoires est due à l’augmentation de la pollution atmosphérique dont la principale source serait des véhicules usés », a-t-il affirmé. En dehors des maladies respiratoires, cette pollution nuit considérablement à l’environnement. Elle participe à la destruction de la couche d’ozone en augmentant les gaz à effet de serre.

Il convient donc aux autorités d’ouvrir l’œil sur ces véhicules fumants qui tuent la population sans que personne ne s’en rendre compte. Avec l’opération de contrôle technique obligatoire des véhicules déclenchée par le gouvernement provincial, la population espère être placée dans ses droits à la protection sanitaire et aux bonnes conditions environnementales.

 

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