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Kinshasa

Kinshasa : les espaces verts de plus en plus rares

(Photo www.kintambo.cd)

(Photo www.kintambo.cd)

 

Marc Kikela

Depuis un certain temps, les maisons et autres bâtisses remplacent les espaces verts à Kinshasa. Des arbres sont coupés sans que d’autres ne soient plantées. Avec la détérioration de la couche d’ozone, la capitale de la République Démocratique du Congo risque de connaitre un sérieux problème environnemental.

Nombreux sont les organisations œuvrant dans le domaine de la protection de l’environnement qui dénoncent le déboisement observé à Kinshasa. Des vides créés sur certaines grandes artères sont facilement visibles. C’est le cas des boulevards du 30 juin et Lumumba et où en raison de la modernisation tous les arbres qui jouaient à la fois un rôle ornementale et stabilisateur ont été coupés.

« Il y a moins de 10 ans, tout le boulevard du 30 juin était luxuriant. Il y avait beaucoup d’eucalyptus au quartier 1 à Njili. Aujourd’hui il n’ya plus rien. C’est aussi le cas de Zamba Avocat sur 7ème rue. A tous ces endroits on a coupé des arbres et on ne voit presque plus rien. Kinshasa va-t-elle rester une ville  ‘nue’ ?», s’interroge le Coordonnateur de l’Ong britannique Greenpeace en RDC, Monsieur Monsebula. Il affirme que sa structure continue de mener des démarches pour obtenir le reboisement dans différents sites : « s’agissant des arbres abattus de long des grandes artères nous avions à l’époque tiré la sonnette d’alarme pour qu’ils soient vite remplacés aussitôt que les travaux d’élargissement des boulevards auront pris fin. Mais, cette préoccupation demeure sans suite ». Le coordonnateur de Greenpeace fustige le comportement de certains habitants de Kinshasa qui ignorant l’importance de l’arbre dans leur environnement n’hésitent pas de débarrasser leurs parcelles des arbres.

La non application de la loi constitue un sérieux problème

Super Nsimba, habitant de la commune de Limete estime que le manque de sanctions favorise l’abattage des arbres sans autorisation de l’autorité : « les gens trouvent que, s’il est propriétaire de la parcelle donc, il a le droit d’abattre les arbres qui se trouve à l’intérieure de sa propriété comme il veut. Et comme l’état ne fait pas de suivi, ces personnes continuent de bafouer la loi.»  Pour sa part Madame Adrienne Sakula appelle quant à elle le service de l’environnement à s’attaquer aux boulangeries de Kinshasa qui pour la plupart font fonctionner leurs fours à partir des bois achetés çà et là dans la ville : « Il est inadmissible de voir passer des camions pleins de troncs d’arbres sans que les responsables des convois ne soient inquiétés. Je penses que l’état devrait exiger à quiconque détient une boulangerie de disposer d’un groupe électrogène». Pour leur part, les boulangers rejettent la responsabilité à la Société Nationale d’électricité qui ne leur fournisse pas le courant de manière continue.

Monsieur Monsebula appelle les autorités à initier des projets de reboisement pour éviter des ennuis à la population : « Si le ministre de l’environnement et le gouverneur de la ville ne prennent pas des précautions pour reboiser la ville, Kinshasa risque de connaitre plusieurs problèmes liés à la santé ».

Il est à noter qu’avec l’appui des partenaires internationaux, le gouvernement met déjà en œuvre certains projets de reboisement à travers le pays.

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