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Kinshasa

La prostitution des mineures, conséquence de l’abandon des responsabilités des parents

Jolina Mujinga

Laetitia avec son bébé/Photo Jolina Mujinga

Laetitia avec son bébé/Photo Jolina Mujinga

La prostitution des mineures prend de plus en plus de l’ampleur dans les coins et recoins de la ville province de Kinshasa. Les plus jeunes s’adonnent au plus vieux métier du monde au su et au vu de tous, poussées par leur environnement le plus proche parce qu’elles doivent survivre et même faire vivre leurs familles.

A Kinshasa, pour accéder au pain quotidien, certaines filles mineures se voient obligées d’exploiter leurs corps. D’après les différents propos recueillis, ce phénomène est beaucoup plus visible dans le milieu périphérique où  la pauvreté serait la principale cause.

Carmel Masamba,  âgée de 16 ans, s’exprime : « Mon Père est décédé il y a cinq ans. Après sa mort, ses frères se sont emparé de tout ce qu’il avait laissé comme biens et nous ont abandonnés ma mère, mes trois petits et moi ». Carmel ajoute que sa mère, incapable de subvenir seule à leurs besoins finira par la confier à un groupe de quatre filles disant qu’elle allait apprendre un métier dont le revenu leur permettrait de payer  le loyer et  de survivre. « Au début, ce n’était pas facile pour moi, mais,  j’ai fini par m’habituer  et me familiariser  avec mon métier. Depuis je prends en charge mes petits et ma mère », conclu-t-elle. Pour Carmel, la prostitution n’est certainement pas l’idéal, mais, une contrainte. Comme elle, beaucoup d’autres mineures, confrontées à l’irresponsabilité des parents à s’occuper d’elles longent les trottoirs de Kinshasa pour chercher elles-mêmes le moyen de survie.

Une prostitution des mineures non sans conséquences

Alors quelles doivent être  l’école, des  mineures se jettent dans l’eau en embrassant une carrière de dur labeur et d’une très grande exigence. Sans formation ni préparation préalable, elles sont exposées à plusieurs dangers. « Ce n’est pas bien de se prostituer.  On court  plusieurs dangers mais  je n’ai  pas d’autre  choix car c’est pour moi un moyen de survie », déclare Binta, 16 ans, de retour de son métier vers 6 heures du matin. Très souvent agressées et abusées aussi bien par les hommes en uniforme que par leurs propres protecteurs, elles vivent un traumatisme permanent. Outre les agressions physiques dont elles sont l’objet, ces prostituées mineures tombent dans des grossesses non désirées, des avortements à risque, des maladies sexuellement transmissibles, etc.

Des parents à la barre

Il est déplorable que certains parents, faute des moyens,  incitent leurs enfants à la prostitution.   Âgée de 17 ans, Laetitia Miwila  habite la commune de kisenso à Kinshasa.  « Je suis tombée enceinte parce que je n’avais rien à faire. Mon père n’a pas de travail,  ma mère non plus. Nous n’avons pas d’occupation, nous passons toute la journée à  la maison sans rien faire».

Laeticia ajoutera que c’est sa mère qui lui a dit qu elle était assez grande pour se prendre en charge et trouver aussi de quoi nourrir ses petits.  « Lorsque je lui ai demandé comment cela allait être possible,  elle me dira que je devais exploiter ce que j’avais comme richesse sur moi. Depuis  petit à  petit j’ai pris goût à l’affaire », renchérit Laeticia. « C’est sur cette voie qu’elle s’est retrouvée enceinte. Difficilement alors mes parents m’ont accompagnée  jusqu’à l’accouchement », conclut Laetitia.

Anne marie, mère de famille, décrie l’irresponsabilité des parents. « C’est de notre faute si nos enfants se trouvent dans des telles situations », a-t-elle dit. Elle pense par conséquent qu’il faut commencer par surveiller les enfants à la maison, suivre leurs mouvements, surtout,  savoir dialoguer  avec eux.  Peut-être une voie vers la sortie de cette crise.

Des parents justifient leur attitude par le chômage

Pourquoi avoir poussé Laetitia à la prostitution, ses géniteurs pensent  trouver raison en brandissant le chômage. « Que l’état congolais crée de l’emploie et améliore la rémunération des parents pour leur permettre de s’acquitter de leur responsabilité », répond la mère de Laeticia. Par contre, la voisine de parcelle qui vit dans la même situation que les parents de Laetitia rejette l’argument de cette mère qu’elle qualifie d’irresponsable. « Nous devons nous battre  pour remplir nos devoirs des parents plutôt que d’envoyer nos filles à la prostitution »,  affirme-t-il.

Les parents sont pourtant conscients de leur forfait

Le constat est de plus d’un parent. Ils savent qu’ils sont des bourreaux pour leurs propres enfants par conséquent ils évitent le débat. Le père de Laetitia  en premier n’a  pas trouvé mieux que de se méfier de nous. Ils nous  auraient assimilés   aux agents du service de renseignement, raison pour laquelle  Il  s’est gardé de répondre aux questions que nous lui avons posées jusqu’à nous refuser  même son identité. D’autres parents ignorent simplement l’affaire, du moins c’est leur attitude quand nous nous approchons d’eux. Le cas de ce monsieur rencontré juste à côté du domicile des parents de Laeticia dont les enfants se prostituent chaque soir dans le même quartier. « Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Comment un parent peut vendre ses propres enfants ? », nous- a-t-il interrogés en réponse à notre question.

Alors que l’incitation des mineurs à la débauche est sévèrement punie dans le code pénal congolais, les parents continuent bonnement de se nourrir de la prostitution de leurs enfants mineurs.

 

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2 thoughts on “La prostitution des mineures, conséquence de l’abandon des responsabilités des parents

  1. victoire kalembu

    la prostitution mineure depend dela victime,c’est à dire qu’il y a des raisons differantes. cela peut être provoquée aussi,soit par les films poornographiques,la pauveté,la séparation des parents,les mauvaises compagnies,..les causes sont tellement nombreuses!

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  2. victoire kalembu

    Dans ce monde présent,ce sujet est au plan de la destruiction de la jeusse et de mineures en particulier. nous avions assayés de causer avec une mineure qui exerce ce domaine,voilà ce qu’elle a dit à ce sujet:<>. Nous pouvons dire que;les parents aussi sont à la base de ce problème,la prémière cause,c’est les parents. la deuxième c’est l’influence,soit de la nature,

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