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Marché «rond-point Ngaba»: quand immondices et aliments cohabitent pacifiquement.

Par Chris Muamba 

Kinshasa, RDC –L’insalubrité constatée dans les marchés de Kinshasa  constitue  un danger permanent pour la population kinoise. C’est le  cas du marché « rond-point Ngaba »  situé dans la commune de Makala dont l’état laisse à désirer.

Depuis  bien longtemps déjà, la ville de Kinshasa a cessé d’être appelée  « Kinshasa la belle ». Aujourd’hui, personne ne se gêne de la surnommer « Kinshasa la poubelle», cela suite à la détérioration de son environnement qui s’accélère du jour au lendemain. Le marché « rond-point Ngaba » n’est pas épargné. Situé presqu’à l’intersection des routes « by pass » et « De l’université », précisément au quartier Nkemi, dans la commune de Makala, le marché « rond-point Ngaba » se trouve dans un état d’insalubrité accrue. Les  conditions de vente dans ce marché sont  exécrables : denrées alimentaires exposées à la poussière, étalées à même le sol, voire, sur des pagnes   à côté des  immondices  et d’autres déchets quotidiens de tout genre qui dégagent  des odeurs terribles. Visiblement, Les vendeuses et vendeurs  n’ont qu’un seul intérêt, à savoir, réaliser des bénéfices. Par conséquent, ils cohabitent avec des immondices qu’eux-mêmes  entassent pour la plupart des cas. L’environnementaliste Henry Mayamba que nous  avons abordé affirme que « les immondices sont favorables à la production des insectes nuisibles à la santé publique parmi lesquels les mouches, les cancrelats et les moustiques». Il soutient par la même occasion que les produits exposés aux immondices  sont vecteurs  des multiples problèmes de santé publique tels que, le choléra, la  fièvre typhoïde et la malaria. 

La décision urbaine souffre des mécanismes de suivi

Marché Kalé dans la commune de Kalamu.

Marché Kalé dans la commune de Kalamu.

L’autorité urbaine avait au mois de mars dernier instruit  les administratrices et administrateurs des  marchés de la place d’œuvrer pour l’assainissement de leurs milieux aux travers de petits travaux de propreté exécutés par les vendeurs et appelés communément « SALONGO ».  « Apparemment, le mot d’ordre du gouverneur de la ville  n’avait semblé être exécuté qu’au lendemain de sa mise en vigueur », regrette Jean, un client rencontré sur place. « Cinq mois après, on est reparti à la case du départ. Les vendeurs n’observent plus aucune règle d’hygiène. Les personnes chargées de faire appliquer cette disposition urbaine semblent lâcher prise et, comme conséquence, le marché « rond-point Ngaba »,  à l’instar de tant d’autres qui pullulent les places de Kinshasa, est abandonné à son triste sort», conclut Jean. Et comme dans pareils cas, ce sont les populations environnantes qui font les frais en recourant à ce marché pour s’approvisionner en denrées alimentaires. Il faut souligner que ce marché accueille des marchandises venues directement des provinces les plus rapprochées de la ville. Il s’agit des provinces du Bandundu et du Bas-Congo.

« Je préfère m’approvisionner ici car le prix des légumes est très abordable » affirme Adèle, une ménagère rencontrée au marché.  « Les revendeurs, ceux qui organisent des fêtes, voire même certains services traiteurs, s’approvisionnent aussi dans ce marché. Nous sommes tous exposés à plusieurs infections causées par la saleté entretenue dans ce marché de suite de la passivité des responsables», déplore-t-elle.

Des frais pour le salongo sont perçus chaque semaine

Face à l’insuffisance d’outils de travail pour un bon assainissement du marché, l’administrateur  fait payer 300 francs congolais (0.3 dollar américain) à chaque vendeur pendant le Salongo qui a lieu chaque samedi entre 8h00 et 10h00 du matin. A la question de savoir combien perçoivent ses services pour le compte de l’assainissement après perception auprès des vendeurs,  Jacques Mandefu a du mal à nous répondre. Déjà, il ne peut pas nous dire avec exactitude le nombre d’étalages que compte son marché : « c’est entre 30 et 50 », a-t-il balbutié alors que de notre comptage de façade, nous  étions au-delà de 60, sans tenir compte des vendeurs qui exposent à même le sol. Toutefois, l’administrateur déplore la modicité de l’argent récolté qui ne sert qu’à motiver l’ong «  PARAU » avec laquelle il a signé un contrat de collaboration pour l’assainissement du marché. « Le besoin en terme d’engin et matériels reste sans solution », ajoutera-t-il. C’est ici qu’il tend sa main à l’hôtel de ville.

A côté de l’accompagnement attendu de l’autorité urbaine, il serait nécessaire de penser à l’éducation civique sur la gestion des déchets par les vendeurs, principaux pollueurs de leur environnement de travail. Il faudrait aussi que les agents du service de l’hygiène soient recyclés de temps en temps pour bien exécuter leurs tâches et garantir ainsi le droit à un environnement sain à tous.

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