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Faute d’encadrement, les enfants de la rue représentent un danger dans le quartier Mikeno

Par January Walukumbu Basubi

GOMA, RDC –Le quartier Mikeno se trouve dans la commune de Goma, à  Birere, dans la ville de Goma au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo. « C’est le coin  qui regorge le pourcentage le plus élevé des enfants de la rue, communément appelés MAIBOBO », renseigne Mushushu Paluku, un ancien chef du quartier. « La situation des enfants de la rue dans le quartier Mikeno mérite une attention particulière », a déclaré Nasone KUBUYA, maire de la ville, lors de l’inauguration du bâtiment de l’état civile en juillet dernier. Dans cette entité administrative, ces enfants commettent plusieurs forfaits.  En date du 03 août dernier une femme d’une quarantaine d’années  s’est vue arracher  son téléphone. Voulant riposter,  elle a été tabassée sérieusement. Au début du mois d’aout dernier  dans le même quartier, Roberto Kitunga Honge, journaliste à Virunga Business Radio  avait été tabassé à mort par ces maibobo qui lui avaient arraché son sac à dos. A l’aide d’une lame de rasoir,  l’infortuné a été blessé au visage et sur d’autres parties du corps.  C’est grâce au courage des passants que ce journaliste a été sauvé de justesse avant d’être conduit dans un centre de santé.

La guerre et la pauvreté : principales causes de l’expansion des maibobo

« A Goma, le nombre des enfants de la rue  accroit  rapidement.  Parmi les causes, il y a d’abord ces guerres qui  jettent de  nombreuses populations à tout moment dans la rue », observe Kalala Simbi, sociologue et enseignant dans les institutions supérieures de la place. Cet analyste des faits sociaux pense qu’une fois les parents  délogés de leurs toits habituels, ils n’ont plus  des moyens pour répondre aux besoins de  leurs enfants. Préférant parler sous anonymat, un chargé de l’encadrement psychosocial  dans un grand centre de la ville pense qu’il est difficile d’encadrer tous les enfants de la rue car les financements des ONGs sont toujours  limités. Il poursuit : « l’Etat doit prévoir un budget pour cette couche qui augmente du jour  au lendemain suite à la pauvreté de leurs familles et à la multiplicité des guerres dans la province ».

L’incertitude de la vie les pousserait à la violence

Selon Thiery Vawere, coordinateur de UJADEP, une organisation qui encadre les enfants de la rue dans le domaine de l’art, « Ces enfants sont méchants parce qu’ils sont abandonnés par leurs parents. Ils sont traumatisés. C’est ce qui les pousse à être aigris ou violents  contre les autres ». Un autre enfant de la rue  s’était confié à notre source  en ces termes : «  nous sommes  aussi jaloux de ceux qui ont  encore l’avenir, un bel avenir, alors que nous, on a tout perdu, on a aucune lueur d’espoir». Un chef de quartier de la ville explique : « Ce qui nous décourage est que, une fois arrêtés pour avoir commis des forfaits, les maibobo  sont toujours relâchés par les services spécialisés ».

La solution doit venir de l’autorité

Au regard   du  danger que présentent ces enfants dans la ville, le maire a inscrit leur encadrement dans les axes principaux de son projet de société. Ainsi par exemple, sous le contrôle de l’autorité, quelques maibobo  exécutent de petits travaux dans des marchés. A l’entrée des quelques magasins et au grand marché de Virunga,  certains de ces enfants sont responsabilisés comme des antigangs pour empêcher d’autres maibobo de commettre des forfaits sur la population.

Cet encadrement aux yeux des certains analystes politiques de Goma est insuffisant car l’argent  mis à la disposition des antigangs ne permet pas de mettre un terme à ce fléau qui  devient de plus en plus complexe.

L’état a le devoir d’assurer le bien être à la population. Ceci passe aussi par la sécurisation des personnes et de leurs biens. Des mesures plus efficaces sont nécessaires pour lutter contre  le phénomène « maibobo» pour que règne un climat paisible à Mikeno.  Il faudrait aussi veiller à l’application de ces mesures et à lutter contre les causes profondes du phénomène. Sans cela il est difficile d’espérer un avenir meilleur pour ces enfants sans orientation et abandonnés  à leur triste sort.

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